Qui sont les Français de Madrid au début du XXème siècle ?

L’enquête de 1923 dresse un tableau des différents milieux professionnels dans lesquels sont engagés les Français en Espagne.  Malgré les bouleversements de la guerre, la composition de la colonie française de Madrid de 1914 devait porter des traits communs avec celle décrite en 1923. Jugez plutôt.

Le rapport sur Madrid propose une simple liste :

« Ingénieurs (chemins de fer et mines). Représentants de marques d’automobiles, accessoires et pneumatiques.  Agents de compagnies d’assurances. Membres de congrégations religieuses, employés de banque et de commerce, boulangers, institutrices, gouvernantes, professeurs de langue, cuisiniers, etc… »  On retrouve dans cette liste certaines des professions identifiées pour les 11 premiers poilus sur lesquels les élèves ont travaillé ce premier semestre.

Le tableau est plus fouillé dans la synthèse générale pour l’Espagne :

« Une constatation d’ordre général s’impose concernant le caractère relativement élevé des situations sociales qu’occupent en Espagne la plupart de nos compatriotes. Le fait ne saurait surprendre, ce pays étant ainsi qu’il est notoire beaucoup moins avancé que la France sous le rapport de son évolution économique. Eu égard à la fois à une telle situation et à la proximité de notre partie, il est naturel que l’on fasse en particulier appel à nos ressortissants pour la constitution des cadres indispensables aux grandes entreprises commerciales et surtout industrielles qui se sont créées et développées en Espagne depuis un quart de siècle. Cet état de choses explique notamment la présence dans les différentes parties de la péninsule d’un grand nombre d’ingénieurs français : anciens élèves de l’Ecole Polytechnique ou ingénieurs des arts et manufactures. Certains de ces ingénieurs sont au service des Compagnies de chemins de fer,  compagnies qui, d’ailleurs assumèrent presqu’exclusivement leur exploitation à l’origine grâce à des concours français prêtés sous la triple forme de fournitures de matériel roulant, d’envoi de personnel technique et d’engagement de capitaux. Un groupe important d‘ingénieurs français est employé par la Société de Peñarroya tant à Madrid qu’à Peñarroya même. Des ingénieurs civils français travaillent aussi dans  centres industriels métallurgiques de Barcelone, Bilbao, Carthagène et Malaga. A côté de ces ingénieurs, un personnel technique français important de contremaîtres, de dessinateurs industriels, etc… est employé dans ces mêmes établissements.

Un groupe nombreux est également constitué par les commerçants de notre nationalité, plus particulièrement par des concessionnaires, certains d’entre eux s’occupant des exportations de France en Espagne et les autres des exportations d’Espagne en France. Il convient  là encore de noter que la plupart d’entre eux possèdent des situations relativement importantes et que les affaires traités par leurs soins portent en général sur d’assez gros capitaux. Des négociants français appartenant aux branches les plus diverses du commerce se trouvent à Saint-Sébastien, à Madrid, à Barcelone et à Valence. Des représentants de nombreuses compagnies d’assurances françaises, qui effectuent pour le compte de ces Compagnies d’importantes opérations ont en outre des bureaux à Madrid.  Nos compatriotes tiennent aussi une certaine place dans le personnel administratif des établissements bancaires.

A côté de ces éléments d’action économique, il faut signaler ceux, proportionnellement très important, de notre action intellectuelle et morale. Au premier rang de ces derniers, figurent les professeurs et les instituteurs de diverses catégories. Certains appartiennent au personnel des établissements scolaires français qui existent dans la péninsule et que subventionne le Gouvernement de la République. d’autres sont au service d’institutions espagnoles. Le nombre des institutrices françaises entrées au service de familles espagnoles, ou de familles de nationalités étrangères en résidence en Espagne est relativement considérable.  Parmi les Français qui s’adonnent à l’enseignement dans la péninsule, se trouve un assez grand nombre de religieux et de religieuses. On compte aussi une certaine quantité de moines français appartenant à des Ordres divers. Ces prêtres et ces religieux témoignent en général d’un esprit patriotique élevé.

En dépit de l’indication générale donnée ci-dessus, on doit noter l’existence de deux groupes de Français assez importants qui exercent des professions d’un caractère plus modeste ou en tout cas moins savant. La Colonie française de Madrid comporte un groupe important de boulangers dont les ascendants sont il y a longtemps déjà venus d’Auvergne et qui ne sont en aucune manière dénationalisés. Des quantités assez nombreuses de modistes et de couturières se trouvent d’autre part à Madrid et dans diverses villes de province. »

Il sera intéressant de confronter cette description aux activités professionnelles de nos 40 poilus.

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