Mémorial de l’armistice

Pour terminer notre périple sur les traces de nos poilus, nous avons choisi un lieu symbolique : Rethondes et son musée sur l’armistice.

Situé en plein cœur d’une forêt luxuriante, une large allée nous invite à revivre deux moments forts de notre histoire. Le Maréchal Foch, du haut de son piédestal, envisage les visiteurs.

Puis, nous pénétrons dans le musée et découvrons une réplique du fameux wagon où ont été signées l’armistice du 11 novembre 1918 et celle du 22 juin 1940, célébrant cette fois la victoire du nazisme. Hitler ayant insisté , comme une revanche, pour occuper la place du Maréchal Foch. L’émotion est palpable. Une voix relate les tractations diplomatiques ayant mené à la fameuse signature en 1918.

Notre groupe repart et s’arrête devant ce gigantesque anneau où le mot paix est traduit dans de multiples langues. Un autre symbole particulièrement fort.

Il est temps pour notre groupe de répartir, fier d’avoir accompli ce devoir de mémoire.

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Hommage à Ferdinand Lucien Bourgineau

Aujourd’hui, c’est avec émotion que j’ai pu retrouver la tombe de mon soldat, Bourgineau Fernand Lucien. Nous avons enfin pu nous retrouver près de lui, en quelque sorte. Nous avons retracé sa vie, nous lui avons redonné son identité, et aujourd’hui nous venons le lui dire, le saluer, lui rendre hommage.

 » A toi, Bourgineau Fernand Lucien,

Bien que je ne t’ai jamais vu, tu as tout de même une place dans mon esprit.

Tu m’as fait découvrir ce qu’était le devoir de mémoire.

Tu m’as montré ce que tous ces hommes ainsi que toi avez fait pour qu’aujourd’hui, je vive dans un pays en paix, pour qu’aujourd’hui, je ne sois pas obligée de donner ma vie pour mes prochains comme tu as dû le faire.

Fanny et moi, nous t’avons découvert sur notre plaque au Lycée Français de Madrid avec ton nom gravé, Bourgineau Fernand Lucien. On ne savait pas trop quoi faire. On nous disait qu’il fallait qu’on retrace ta vie…alors, on l’a fait. On a cherché pendant des heures, des semaines et des mois, toutes les informations qu’on voulait trouver, pour toi. Ton nom, ta date de naissance, ton lieu de naissance, ton mariage, le nom de ta femme… On a pu retrouver tout ca. Bien qu’aujourd’hui, nous avons encore quelques questions à te poser. Avais-tu des enfants? As-tu de la descendance? Des frères et soeurs? Pourquoi es-tu parti à Madrid? Qu’as-tu fait pour être autant reconnu dans le Journal officiel de la République française?

A chaque informations qu’on trouvait, on était heureuse, un sentiment de satisfaction se reflétait sur nos visages. Alors n’imagine même pas quand l’image de ta tombe est apparue sur nos ordinateurs. On allait enfin pouvoir te rencontrer.

Aujourd’hui, nous sommes à quelques mètres de toi, à la nécropole du soupir II, pas très sympa comme lieu de rencontre, mais on a fait avec.

Merci d’avoir donné ta vie pour nous.

Flore

Paroles d’élèves

On se trouve ici, émus, dans cette nécropole pour rendre hommage à trois de nos poilus de Madrid. Mon groupe avec Mme Fernandez Blanco dépose les fleurs. Toute la classe a participé à l’achat du bouquet. On le dépose sur la tombe de Thers Jean. Le vent souffle paisiblement sur les tombes de ces soldats tués par l horreur de la guerre. Notre travail est terminé et on rentre à la maison avec nos familles.

Pablo Gasser

Aujourd’hui, le 14 juin 2019, deux années de recherches, de travail et de bonheur aboutissent dans cette nécropole du Soupir.

Nous rendons hommage à notre soldat, Jean Thers à qui nous avons redonné une personnalité, une identité, à qui nous avons redonné vie. Nous sommes fiers de lui avoir rendu hommage et fiers d’avoir fait partie d’un projet si enrichissant que l’on n’oubliera jamais, comme tous ces poilus, ces héros.

Julie Regnault

C’est le dernier jour de ce long travail. Le dernier jour de ce magnifique projet. Le dernier jour pour rendre hommage à nos soldats. C’est l’un de moments les plus émouvants de ma vie. J’en ai les larmes aux yeux. C’est la fin d’une honorable et fantastique aventure. Nous rendons, aujourd’hui hommage, le 14 juin 2019, 104 ans après sa mort, à Jean THERS. Merci mes camarades, merci mes professeurs, merci mon lycée, pour une telle expérience. Une expérience très enrichissante, très émouvante, parfois très triste, et très heureuse d’autres fois. C’est un honneur et une fierté d’avoir été l’une des élèves à la tête de ce projet. Un honneur et une fierté que je garderai jusqu’à la fin de mes jours. Un honneur et une fierté dont je parlerai toujours. Un honneur et une fierté que je ne vais jamais oublier.

Jana El Naggar

Hommage à Jean Thers

Nous voilà en ce dernier jour à la Nécropole du Soupir I pour rendre hommage au poilu de Julie Regnault et Victor Goldberg : Jean Thers. Voici leur texte.

Cher Jean Thers,

Derrière neuf lettres gravées sur une plaque de marbre se cachait une aventure pédagogique insensée. Un défi un peu fou. Celui de deux professeurs ambitieux du Lycée Français de Madrid nous a mené jusqu’à toi.

Nous avons tenté de te redonner vie accompagné d’une apparence, de découvrir ta personnalité. Une identité tout simplement. Suite à des mois de recherches et grâce à toutes les traces que tu as laissées derrière toi, nous y sommes parvenus.

Jean, tu étais le fils d’un boulanger de Madrid, Géraud Thers et de Maria Lorenza Humbrado. Tu es né le jour de Noël en cette fin d’année 1891 à Madrid.Un joli cadeau que tes parents ont fini par faire à la patrie en 1911, lors de ta recrue au bureau de Aurillac.

Le 10 Octobre 1912, tu intègres le 144ème régiment d’infanterie. Malgré ton jeune âge tu as su acquérir un niveau d’instruction de niveau 2. On ne t’a laissé le temps de passer ni ton certificat d’études, ni ton bac. Tu ne savais d’ailleurs même pas compter.

40 lignes dans l’historique de ton régiment te présentent comme un homme dévoué. Jean, nous ne sommes pas ici pour faire un éloge de la guerre que tu as menée. Nous ne sommes pas là non plus pour te présenter le résultat de nos recherches. Tu en sais sans doute plus que nous sur ta propre vie. Mais, nous sommes bien ici pour te remercier d’avoir donné ce que tu avais de plus cher pour la France.

Sons et lumières sur la cathédrale de Reims

Après cette journée bien remplie – Le Fort de Douaumont, l’ossuaire de Douaumont et le mémorial de Verdun-, nous réservons une petite surprise pour les élèves.

Durant l’été, Reims propose le soir un spectacle sons et lumières projeté sur la cathédrale de Reims.

Déjà majestueuse de jour, elle se révèle envoûtante de nuit. Ce lieu, qui a abrité pas moins de 33 sacres, revêt ses plus beaux atours à la tombée du jour.

Les statues hiératiques de la façade s’animent, les arches étincèlent, la façade ondule. L’espace de quelques minutes, ce joyau gothique se pare d’une myriade de couleurs chatoyantes. Pour notre plus grand plaisir.

Le Fort de Douaumont

Nous avons débuté cette journée plutôt ensoleillée par la visite du Fort de Douaumont.

Imaginez un fort, tapi sous 10 mètres de terre, de végétation, de sable et de béton. Imaginez un dédale de galeries froides et humides. Imprenable, me direz-vous. A priori, oui.

Mais, c’est sans compter la violence de la Grande guerre. Imaginez 1 000 obus qui chaque jour venaient s’écraser sur le toit de ce fort. 1 000 détonations terribles, incessantes, à vous rendre sourd, ou fou.

Résultat, l’édifice est ébranlé, malmené, fissuré. Imaginez alors la voûte des casemattes tapissées de stalactiques de calcique qui donnent un air fantasmagorique au lieu.

Ce fort a été tour à tour occupé par Les Français, puis les Allemands avant de revenir aux Français. La guide nous décrit les effroyables conditions de vie de ces soldats cloîtrés dans cet espace confiné, glacial et insalubre.

C’est avec un réel plaisir que nous retrouvons l’air libre, le vent dans les cheveux et les grands espaces. Et voici nos élèves sautant soudain comme des cabris dans les herbes folles sur le toit de ce fort, couvert de trous béants d’obus, masqués par les hautes herbes. Et les voilà qui courent, sautent et glissent presque aériens, sous les rires des camarades. Cascades impressionnantes, mains qui volent, jambes qui s’agitent et roulades surréalistes. Un spectacle unique!

Randonnée dans les tranchées de l’Argonne

Ah! Il nous avait pourtant prévenus M. Estrade. Et dés septembre en plus. Il nous l’avait même répété à plusieurs reprises….

Fous que nous sommes… Nous l’avons suivi, la fleur au fusil.

Et nous voilà partis pour une randonnée de 4 heures dans la forêt de l’Argonne, dans des tranchées partiellement comblées avec le temps, où nos pieds s’enfonçaient dans un lit de feuilles mortes, déjà bien humide.

Ce n’était que le début. La suite s’est avérée plus acrobatique et périlleuse. Des sentiers boueux et détrempés nous attendaient. Et là, ce fut l’hécatombe et la ruine des chaussures et vêtements. Nicolas a failli y laisser une de ses chaussures, littéralement engluée dans cette masse compacte et visqueuse.

Quant à Jana, quelle aventure! Grâce à elle, le dictionnaire se voit enrichi d’un nouveau mot, et pas n’importe lequel : une janade, ou une glissage artistique et élégante. Tellement fière de sa trouvaille, elle nous a gratifiés de quelques chutes hilarantes.

Heureusement, un duo de choc était là pour tous nous sauver d’un terrible enlisement.

Au final, plus de fous rires que de mal. Une équipe de choc et de courageux pour cette randonnée, dans un décor magnifique avec ses dégradés de vert.

Et le pire, c’est qu’ils en redemandent!!