15 novembre 1918, un premier hommage aux poilus de Madrid

Pierre PARIS fut le premier orateur de cette cérémonie

La Bibliothèque Nationale Espagnole (bne.es) met à disposition des lecteurs les exemplaires numériques de nombreux périodiques. C’est ainsi que nous pouvons connaître le déroulement de la cérémonie organisée à l’Ambassade de France à Madrid le 15 novembre 1918, 4 jours après la signature de l’armistice.
3 journaux l’évoquent :
La Correspondencia de España. 17/11/1918, nº 22.193, page 3.
La Nación (Madrid. 1916). 16/11/1918, page 10
El Fígaro (Madrid. 1918). 16/11/1918, page 12
C’est Pierre PARIS, au nom de l’Institut français, qui prend d’abord la parole. Les articles ne mentionnent pas le décès de deux de ses cinq fils, Roger et Franc. Puis M.Dard, rend hommage à Joseph THIERRY, ambassadeur de France en Espagne, tout juste décédé en septembre 1918. Il lit ensuite une déclaration du Général Pétain, puis communique le texte du télégramme envoyé par la communauté française de Madrid : «La colonia francesa de Madrid, reunida en la Embajada de Francia, envía al señor presidente de la República el homenaje de su entera adhesión. Saluda al presidente Clemenceau y al mariscal Foch que han merecido bien de la patria victoriosa, al marisca Joffre, al ejército francés y a Sus jefes, y unida alrededor de la bandera que va a flotar en Estrasburgo y en Metz, proclama su adhesión a la patria y su ardiente deseo de trabajar por ella »
Lecture est enfin faite d’une liste de morts pour la France. Elle comporte 26 noms identiques dans les 3 journaux, à quelques coquilles près : 21 sont communs avec les 40 de notre plaque, 5 sont des noms qui ont été omis par notre plaque.

  • Pierre Bayce, profesor del Colegio frances : il correspond à Pierre BAYCE de notre plaque. Notons qu’il n’est pas considéré sur notre plaque comme un professeur du Collège français.
  • Henri Morin de la Pilliere, sergento : il correspond à Henri MORIN DE LA PILLIERE de notre plaque.
  • Alphonso Bacquie : il correspond à Alphonse BACQUIE de notre plaque
  • Georges Saunnier capitan : il correspond à Georges SAUNNIER de notre plaque
  • Marcel Süss  teniente : il correspond à Marcel SUSS de notre plaque
  • Henri Nicot, subteniente et representante de la casa Basier : il correspond à Henri NICOT sur notre plaque
  • Edouard Bines  ayudante et representante de la casa Jansen : il correspond à Edouard BINOIS sur notre plaque
  • Joseph Esthern : ce soldat n’a pas son nom sur la plaque commémorative : il s’agit de Joseph ESTHERN.
  • Gaston Batiste, caporal y jefe de servicio en los ferrcarriles del Norte : il s’agit du soldat Gaston BATISTE sur notre plaque.
  • Aymard Rousselot  profesor de frances : il s’agit de Aymard ROUSSELOT sur notre place. Nous le connaissons comme professeur d’allemand.
  • Louis Paris : il s’agit de Louis PARIS, soldat de notre plaque      
  • Francois Paris, alistado voluntariamente a los 17 años, il s’agit du plus jeune fils de Pierre PARIS, Franc PARIS. On remarque qu’il n’est pas fait mention du fils aîné, Roger.
  • Henri Commenge, profesor del Colegio Frances : il s’agit de Pierre COMMENGE, identifié comme un des 3 professeurs au collège français.
  • Jean Thers, empleado casa Deutsch : il s’agit du Jean THERS de notre plaque comme ancien élève
  • Fernand Bourgineau, subteniente : il s’agit du soldat de Fernand BOURGINEAU sur notre plaque.
  • Firmin Fonreuge : il s’agit du soldat Firmin FONROUGE, qui ne figure pas sur la plaque.           
  • Jean Esoulet : il s’agit du soldat Jean Marie IZOULET, qui ne figure pas sur la plaque.           
  • Henri Vichy: il s’agit du soldat Enrique VIC, qui ne figure pas sur la plaque      
  • Alexandre Neron : il s’agit du soldat Alexandre NERON, soldat qui figure sur la plaque du lycée.    
  • Labayrade : il s’agit du soldat Henri LABAYRADE, soldat de notre plaqu
  •         
  • Leon Roussel  capitán : il s’agit de Léon ROUSSEL, soldat de notre plaque
  • Edouard Pierre Calvet : il s’agit du soldat Alexandre CALVET, soldat de notre plaque
  • Antoine Bonjour  : il s’agit du soldat Antoine BONHOURE, qui ne figure pas sur la plaque            
  • Léopold Albert Créhange : il s’agit du soldat Albert CREHANGE, qui figure sur notre place comme ancien élève     
  • Joseph Mombrun : il s’agit du soldat Joseph MOMBRUN, qui figure sur notre plaque comme ancien élève           
  • André Claude subteniente : il s’agit du soldat André CLAUDE, qui figure sur notre plaque comme ancien élève
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Avis de recherche : Albert CREHANGE (1886 -1918 )

Albert Crehange est né le 7 novembre 1886 à Madrid. Il était le fils de Fernand et Eugénie Daniel et ses Frères etaient Paul Lucien Crehange et René Crehange. Encient éleve du Lycée Français de Madrid, Albert appartenait a la classe de 1916 et il était dans le 117ème régiment d’infanterie comme soldat de 2eme classe. Il était dans le 3e bureau de rerutement de la Seine. Il est décédes le 15 juillet 1918 à Tincourt dans le département 51de la Marne tué a l’énemi.







Les cartes des poilus

Nous proposons un nouvel outil de visualisation de notre travail grâce à une carte en ligne consultable ici.
En cochant ou décochant les filtres, on voit apparaître les informations saisies progressivement sur chacun des poilus.

La carte des lieux de naissance

Passionnante carte des lieux de naissance qui permet de reconstituer les migrations de la fin du XIXeme siècle et du début du XXeme siècle. Elle recoupe d’ailleurs les résultats observés dans le registre d’immatriculation consulaire.

Les poilus nés dans le Cantal, concentrés au nord d’Aurillac

La carte des sépultures est un très bel outil pour construire les étapes du voyage en France que nous allons réalisé en juin.

La carte des sépultures

Dans l’arbre des poilus de Madrid

Au fur et à mesure de l’identification des poilus de Madrid, et des échanges avec nos correspondants, nous avons constitué une véritable base de données généalogiques baptisée les poilus de Madrid.
A ce jour, elle comporte 1254 individus et pas moins de 437 unions! Pas mal lorsque l’on sait que notre point de départ était une liste anonyme de 40 noms!

Cette base a été intégrée dans le site en ligne Geneanet sous le nom « Lespoilusdemadrid ». N’hésitez pas à nous écrire si vous rencontrez des similitudes avec votre propre généalogie.

Une mosaïque de portraits

Une nouvelle page vient s’ajouter à notre site. L’onglet « Les poilus » comporte déjà plusieurs rubriques :

  • l’identité des poilus de la plaque aussi des poilus oubliés qui renvoient à la page correspondante pour chaque soldat
  • La géographie des poilus, qui regroupe les poilus par origine géographique, et qui permet par exemple de voir l’importance du groupe des Cantalous
  • La chronologie des poilus, qui indiquent par ordre chronologique les dates de décès ou de disparitions des poilus
  • Les sépultures, qui recensent le destin des corps des poilus
  • Les descendants qui identifient les éventuels descendants des poilus, avec lesquels nous avons été en contact
  • Les survivants proposent une liste des poilus de Madrid dont les noms figurent dans les archives et qui ont survécu à la guerre
  • Désormais, une nouvelle page compilera les visages de poilus.

Henri DEBRION (1883-1917) : mort dans la plus grande catastrophe ferroviaire jamais survenue en France

(c) Mairie de Saint Michel de Maurienne (coll.Girard)

C’est un véritable jeu de piste qui a commencé à travers les ressources en ligne pour reconstituer la vie de Henri DEBRION, un des poilus oubliés sur notre plaque.

Clara et Ghalia ont retrouvé assez vite l’identité de Henri DEBRION, en fait Paul Henri DEBRION, né en 1883 à Montferrand, dans la commune de Clermont-Ferrand (63).

Elles ont découvert que le soldat DEBRION n’est pas mort sur un champ de bataille mais dans un terrible accident de train dans la vallée de la Maurienne le 12 décembre 1917, un terrible accident qui fut plus de 400 victimes, essentiellement des permissionnaires en route pour rejoindre leurs familles à Noël.

Un article passionnant, publié sous le site du centenaire de la Grande guerre explique comment tout a été fait pour dissimuler cet accident au grand public. Des photographies de victimes retrouvées 100 ans plus tard ont été mises en ligne. Aucune ne correspond à Paul DEBRION, mais elles sont touchantes.

On peut retrouver un récit détaillé de la catastrophe sur le site Memorialgenweb.

Une page wikipedia est même consacrée à l’accident. On y apprend qu’en 1961, les dépouilles de plus de centaines de soldats tués lors de l’accident ferroviaire de Saint-Michel-de-Maurienne y furent transférées à la Nécropole de la Doua, à Villeurbanne. Son nom ne figure cependant pas dans les relevés mis en ligne sur les sites collaboratifs de geneanet ou memorialgenweb.

Ghalia et Clara ont également trouvé une incroyable source en ligne : une présentation réalisée par Xavier DEBRION sur Paul Henri DEBRION, dont il est peut-être un descendant. En attendant d’arriver à entrer en contact avec lui, la lecture de ce document est passionnante. Il se termine par une lettre adressée à la veuve de Henri DEBRION par un camarade de l’usine où il avait travaillé. Il s’agissait de l’usine BERGOUGNAN, qui comme Michelin, fabriquait des pneumatiques. Le nom de Paul DEBRION est d’ailleurs inscrit dans le livre d’or des Poilus de Bergougnan. Bergougnan était aussi implanté à Madrid. On comprend mieux du coup comment notre poilu s’est retrouvé à travailler à Madrid au début des années 1910.

Sellos: R. C. Bergougnan Agencia General de los Neumáticos. Madrid. viñeta publicitaria en reverso - Foto 1 - 93698235
Une carte publicitaire des penumatiques BERGOUGNAN.

Mais le document de Xavier DEBRION comporte bien d’autres surprises.

Paul Henri DEBRION (1883-1917) : il était marié et père de famille!

La présentation de Xavier DEBRION continue de livrer ses secrets. Parmi lesquels le prénom de Joséphine, son épouse. Elle est identifiée sur les enveloppes comme Mme DEBRION, puis après 1917 comme Veuve DEBRION. Qui était-elle? Un feuilletage des listes décennales de l’etat civil de Clermont-Ferrand, en ligne sur le site des archives départementales du Puy-de-Dôme, permet assez rapidement de trouver un mariage le 14 décembre 1908 entre Paul Henri DEBRION et Marie Joséphine Anne GUILLAUME. Voici notre Joséphine!

Cette jeune femme est née comme son futur époux à Montferrand, le 14 janvier 1886. Son acte de naissance n’indique pas en marge d’autres mariages que celui avec notre poilu DEBRION. Elle serait donc restée veuve après la guerre, jusqu’à sa mort à Riom en 1973.

Deux prénoms d’enfants apparaissent dans la correspondance. Marguerite et Paul.

Extrait du registre des naissances
6E4716

On retrouve l’acte de naissance à Montferrand, d’une fille, Marguerite Anne Marie DEBRION, née le 2 décembre 1909. En marge de son acte, pas de mention de mariage ni de décès. Il est indiquée qu’elle fut adoptée comme pupille de la Nation par jugement du Tribunal de Clermont du 6 janvier 1918.

Quant à Paul, aucune trace de sa naissance sur les registres d’Etat civil de Clermont-Ferrand. Nous avons cependant pu retrouver sa trace grâce à des photographies prises par nos professeurs aux Archives diplomatiques de Nantes.

En effet, voilà ce qui figure dans les pages du répertoires généalogiques proposés aux visiteurs en accès libre.

Extrait du répertoire de Madrid

Ainsi identifions nous, Paul DEBRION, le fils de notre poilu, dont descend peut-être Xavier DEBRION, dont nous essayons de trouver les coordonnées. Peut-on en savoir plus sur les deux enfants DEBRION?

La fille d’Henri DEBRION, Marguerite, meurt à 26 ans

Une recherche des termes « Marguerite DEBRION » décès dans google fait un lien avec le journal « L’avenir du Plateau central, publié entre 1925 et 1944. On y trouve un faire part de décès qui confirme la taille réduite de la famille DEBRION en 1936. La veuve de notre poilu, sa belle-mère et son fils Paul en sont les seuls survivants.

Sur les traces de Paul, le fils de notre poilu.

Paul DEBRION, né en 1912, est-il ce jeune homme, étudiant à l’Ecole des Arts et Metiers d’Erquelinnes (Clermont-Ferrand) qui réussit le brevet supérieur de préparation militaire au titre de l’Infanterie, comme le signale le Journal officiel du 21 septembre 1934? C’est possible. Seul Xavier DEBRION pourrait nous en dire plus!