LABAYRADE Henri (1894-1916)

LABAYRADE, Jean Camille, Paul et Henri, trois cousins germains, ont répondu à la mobilisation générale. A des dates différentes, tous les 3 combattent dans le 18ème régiment d’infanterie, formé à Pau. Camille disparaît lors de la bataille de la Marne en septembre 1914. Henri fut tué au Fort de Douaumont en mai 1916. Il avait 22 ans. Le seul survivant est le frère aîné de notre poilu : Paul Jean Victor LABAYRADE. Nous sommes en contacts avec ses descendants.

C’est le père d’Henri, Jean LABAYRADE, qui s’était installé à Madrid avant la guerre. Il dirigeait une société commerciale : la « oxhydrica española ». A ce titre, il était un membre connu de la communauté française de Madrid. Voilà certainement pourquoi  le nom d’Henri est sur notre plaque.

Les sources

Les informations biographiques

avant 1890   Mariage de Jean LABAYRADE et Marie Thérèse VIGNALOU, parents d’Henri.

1892   25 février  Naissance à Pau de Jean Camille, cousin germain de Henri.

1892   27 juin   Naissance à Irun du frère aîné d’Henri, Paul Jean Victor LABAYRADE

1894   15 avril   Naissance à Irun de Jean Baptiste Henri Joseph LABAYRADE.

Années 1910   Henri a étudié au lycée Jean BERT à Bayonne (Son nom figure sur le monument aux morts du Lycée)

1911 Le père Jean  développe des activités commerçantes à Saragosse. Il semble être connu en Espagne sous le nom de Juan LABAYRADE. On retrouve plusieurs occurrences dans la bibliothèque des périodiques du site de la BNE. La revue « Industria e invenciones » en date du 14/10/1911, nº 16, page 9, indique l’enregistrement par  « Juan Labayrade y Bernadón » de l’entreprise  «La Oxhídrica», « para su establecimiento de venta de aparatos Drayer, situado en Zaragoza. 26 agosto 1911 ».

1913   La société paternelle est installée à Madrid (Source : Revista ilustrada de banca, ferrocarriles, industria y seguros. 10/5/1913, page 28.) 

Oxhydrica espanolaC’est cette présence à Madrid, par le biais de la Compagnie paternelle, qui relie notre poilu, Henri LABAYRADE, à la « colonie française de Madrid ».

 

1914  Lors de sa visite d’incorporation à Bayonne, Henri LABAYRADE est enregistré comme employé de commerce à Irun. Une surdité complète de l’oreille droite (« ouie nulle« )  fait classer Henri LABAYRADE dans le service auxiliaire. Victor et Camille se retrouvent dans le 18ème régiment.

1914   8 septembre   Victoir LABAYRADE, est grièvement blessé lors des combats de Marchais-en-brie décrit ainsi dans l’historique du 18eme régiment « Le 8 septembre, l’ennemi s’arrête ; appuyé par une puissante artillerie, il accepte la bataille. Le régiment se porte à l’attaque dans la direction de Marchais-en-Brie. La lutte est dure. Après avoir enlevé les tranchées, défendues avec opiniâtreté, le 18e R. I., dans l’élan d’une brillante charge à la baïonnette, s’empare du village et de tout le plateau. La 2e compagnie rapporte comme trophée un canon. Le combat a été meurtrier ; le sol est jonché de cadavres, mais l’ennemi a abandonné Marchais en laissant 40 prisonniers entre nos mains. C’est une victoire. » Il est cité à l’ordre du Régiment (nº214) : »Très bon sous-officier énergique et courageux. « 

1914   16 septembre    Nommé caporal le 2 août 1914,   Jean Camille LABAYRADE participe aux  combats de la Ville aux Bois, lors de la bataille de la Marne. Il combat dans le 18eme régiment. Il s’est engagé volontairement pour 3 ans en mars 1913, avant de faire une demande de résiliation de cet engagement (conséquence de la loi du 7 août 1913, article 41). Pendant plusieurs années (1915,1916), un avis de recherche est publié dans la revue de la croix rouge, la Recherche des disparus. On retrouve un avis de recherche dans le numéro de l’Express du midi en date du 28/12/1918. On imagine l’attente résignée de la famille. La date de son décès est finalement fixée au 16 septembre. Son corps n’a jamais été retrouvé.

1915   Victor LABAYRADE est promu caporal le 9 février, sergent le 3 mai.

1915   1er septembre   Incorporation de Henri, qui quitte le service auxiliaire pour le 18eme régiment d’infanterie.

1915   28 octobre   Henri quitte le 18eme régiment d’infanterie et passe au 49ème régiment d’infanterie.

1916    24 mars   Victor passe au 407eme régiment d’infanterie. Cela correspond sans doute à son retour de convalescence.

1916    24 mai    Henri participe à la bataille de Verdun, autour de Douaumont. C’est son ultime combat. Voici le récit de cette journée rapporté dans l’historique du 49ème régiment.

Le 24 au matin, le commandant reçoit l’ordre d’attaquer avec tout son effectif. Il fait déjà grand jour, les hommes paraissent jusqu’à la ceinture dans les boyaux écroulés et tout mouvement vu de l’ennemi est paralysé par ses tirs de mitrailleuses. Bien que la surprise ne soit plus possible, l’attaque se déclenche. Admirables de vaillance, d’énergie combative, grenadiers et mitrailleurs s’élancent, bravant la pluie de balles, de fer et de feu que le Boche fait pleuvoir. En tête de leurs hommes, les officiers dirigent le mouvement. Dans le rang, des vides se creusent. Qu’importe, on avance, mais les pertes sont telles, que bientôt l’élan se brise et que les rares survivants tombent épuisés dans les trous d’obus. La contre-attaque allemande se déclenche aussitôt. Portées aux endroits précis où elles peuvent utilement intervenir, nos mitrailleuses sont prêtes. La première vague ennemie, fauchée par nos tirs, s’abat, immédiatement 4 suivie d’une autre, d’une autre encore, qui subissent le même sort. Les cadavres s’entassent, les rares rescapés se couchent ou s’enfuient : une fois de plus, l’ennemi n’a pu franchir la barricade. »

Henri LABAYRADE est cité à l’ordre de l’armée nº26/1 « Au moment d’une attaque ennemie précédée d’un violent bombardement, n’a pas hésité à mettre sa pièce en batterie en plein terrain découvert. A été tué au cours de l’action« .

1918   14 octobre   La fin de la guerre approche. Victor LABAYRADE est nommé adjudant. le 20 octobre, il est cité à l’ordre de la Brigade (nº76) : « Sous officier d’élite, qui s’est particulièrement distingué au cours des combats du 26 au 30 septembre 1918, notamment au cours d’une reconnaissance avancée, appuyant par le feu précis de ses pièces la progression des éléments qu’il accompagnait ». Il est décoré de la croix de guerre et de la Médaille militaire.

Après guerre    Installation du frère aîné à Saragosse. Naissance de 3 fils. L’aîné porte le prénom d’Henri, le 3ème celui de Camille.

oxhydrica 19301930  Dernière mention dans les archives en ligne de la BNE.es de Juan LABAYRADE en 1930. Il est toujours actif dans la « Oxhidrica española ».

1935    30 juillet   Décès à Madrid de Jean LABAYRADE, père d’Henri et de Victor. On ne connait pas la date du décès de son épouse.

  1. 1938    Installation de la famille de Paul Jean Victor LABAYRADE à Saint Sebastien (1938), puis à Bilbao (1939). Ce sont les descendants de cette famille que nous avons cherchés.

Généalogie descendante :

genealogie

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