Paul Henri DEBRION (1883-1917) : il était marié et père de famille!

La présentation de Xavier DEBRION continue de livrer ses secrets. Parmi lesquels le prénom de Joséphine, son épouse. Elle est identifiée sur les enveloppes comme Mme DEBRION, puis après 1917 comme Veuve DEBRION. Qui était-elle? Un feuilletage des listes décennales de l’etat civil de Clermont-Ferrand, en ligne sur le site des archives départementales du Puy-de-Dôme, permet assez rapidement de trouver un mariage le 14 décembre 1908 entre Paul Henri DEBRION et Marie Joséphine Anne GUILLAUME. Voici notre Joséphine!

Cette jeune femme est née comme son futur époux à Montferrand, le 14 janvier 1886. Son acte de naissance n’indique pas en marge d’autres mariages que celui avec notre poilu DEBRION. Elle serait donc restée veuve après la guerre, jusqu’à sa mort à Riom en 1973.

Deux prénoms d’enfants apparaissent dans la correspondance. Marguerite et Paul.

Extrait du registre des naissances
6E4716

On retrouve l’acte de naissance à Montferrand, d’une fille, Marguerite Anne Marie DEBRION, née le 2 décembre 1909. En marge de son acte, pas de mention de mariage ni de décès. Il est indiquée qu’elle fut adoptée comme pupille de la Nation par jugement du Tribunal de Clermont du 6 janvier 1918.

Quant à Paul, aucune trace de sa naissance sur les registres d’Etat civil de Clermont-Ferrand. Nous avons cependant pu retrouver sa trace grâce à des photographies prises par nos professeurs aux Archives diplomatiques de Nantes.

En effet, voilà ce qui figure dans les pages du répertoires généalogiques proposés aux visiteurs en accès libre.

Extrait du répertoire de Madrid

Ainsi identifions nous, Paul DEBRION, le fils de notre poilu, dont descend peut-être Xavier DEBRION, dont nous essayons de trouver les coordonnées. Peut-on en savoir plus sur les deux enfants DEBRION?

La fille d’Henri DEBRION, Marguerite, meurt à 26 ans

Une recherche des termes « Marguerite DEBRION » décès dans google fait un lien avec le journal « L’avenir du Plateau central, publié entre 1925 et 1944. On y trouve un faire part de décès qui confirme la taille réduite de la famille DEBRION en 1936. La veuve de notre poilu, sa belle-mère et son fils Paul en sont les seuls survivants.

Sur les traces de Paul, le fils de notre poilu.

Paul DEBRION, né en 1912, est-il ce jeune homme, étudiant à l’Ecole des Arts et Metiers d’Erquelinnes (Clermont-Ferrand) qui réussit le brevet supérieur de préparation militaire au titre de l’Infanterie, comme le signale le Journal officiel du 21 septembre 1934? C’est possible. Seul Xavier DEBRION pourrait nous en dire plus!

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DEBRION Paul Henri (1883-1917) : l’histoire par les monuments commémoratifs

photo
Plaque de l’Eglise de Montferrand. Y apparaît le nom de Paul DEBRION.

Grâce au site collaboratif Memorial Genweb, on peut recouper les différentes traces laissées par un poilu et reconstituer une partie de sa vie. Exemple avec Henri DEBRION.

Paul Henri DEBRION, on le sait, fait partie des poilus oubliés par notre plaque, mais présent par exemple sur le Livre d’or du consulat de 1935 ou sur le livre d’or de la société de Bienfaisance. Ce qui atteste sa présence à Madrid.

On retrouve son nom sur :

On peut notamment en déduire que Paul Henri DEBRION fut élève du Lycée Blaise PASCAL avant de travailler pour l’entreprise de pneumatique BERGOUGNAN, qui avait une filiale à Madrid.

Paul Henri DEBRION (1883-1917) avait une marraine de guerre américaine!

Carte postale humoristique-
Collection privée, Freddy Billiet ©

Parmi les documents mis en ligne par Xavier DEBRION, une carte assez extraordinaire, non datée, écrite en anglais, que M.DEBRION identifie comme une carte destinée à « Joséphine », la marraine de guerre de notre poilue.

Dear « marraine » I thank you with all my heart. Be certain I will not forget you. Please receive this little card as a souvenir of my gratitude. If I were a little bolder I would ask from you, my dear marraine, a photography. I would be to glad to know you more. I send you very affectionated kisses »

Quand fut écrite cette carte? Fut-elle envoyée? Qui était cette Joséphine? Mystère. On découvre en revanche un phénomène finalement peu connu, la presence de marraines de guerre états-unienne. L‘historienne Marie Cappart a raconté ici  comment via les ambassades des pays alliés, on lança des appels par voie de presse dans le New York Times ou le Washington Post pour trouver des marraines. Est-ce ainsi qu’entrèrent en contact Henri DEBRION et sa « marraine »?

Sur les traces de la « famille américaine » de Paul Henri DEBRION (1883-1917)

Deux incroyables lettres figurent dans les trésors mis en ligne par Xavier DEBRION.

La première lettre est écrite en français. En voici le contenu.

Decembre 11 1919
Chère Madame de Brion
Il y a longtemps que je vous aurais écrit pour vous dire que j’ai reçu votre lettre avec la photographie de vos enfants, Marguerite et Paul, et le diplôme d’honneur me montrant que j’ai adopté une petite fille bien appliquée. Elle aussi, m’a écrit très gentiment et bientôt je lui écrirais.
Je n’étais pas sûre que vous puissiez comprendre mon français, aussi j’espère que vous puissiez trouver un interprète pour mon anglais.
Mon fils, le lieutenant Kerr Atkinson, se joint à moi en envoyant le présent de Nôel ci joint pour votre famille et nous tâchons autant que cela nous est possible de vous assister dans le maintient des enfants d’un brave français.
Soyez assurée chère madame, que nous considérons ceci comme un privilège.
J’ai acheté (pas très bien) quelques pécadilles pour Marguerite et Paul et j’espère qu’elles leur arriveront à temps pour la Noêl,
Mon fils était en France, il y a un an, mais me revient sain et sauf.
Dîtes à Marguerite que j’ai bien apprécié ses lettres et que je lui envoie mes remerciements.
Employez ceci (ci-joint) pour vous mêmes et pour les enfants et veuillez
accepter nos voeux et vous souhaite les plus affectueux.
Je vous suis bien cordialement à vous
Mrs Elizabeth Kerr Atkinson »

Enveloppe du courrier postée en 1919 à la famille DEBRION. L’adresse de l’expéditeur indique 502 W 113St New-York

Une lettre plus courte rédigée en anglais et signée par le Lieutenant Kerr accompagne cette première lettre.

Peut-on retrouver une trace de ce Lieutenant Kerr et de sa mère
Elizabeth Kerr Atkinson? C’est bien possible! Le 2 novembre 2017, William C. Atkinson, dit Bill Atkinson, âgé de 92 ans, a publié un article sur la vie de son père Francis Kerr Atkinson (1890-1976), qui est… et oui, le Lieutenant Kerr des lettres à la veuve de Henri DEBRION!

Qui est le lieutenant KERR?
Le père de Bill Aktinson, notre blogger nonagénaire, Francis Kerr Aktinkson donc, est né en 1890, du mariage de Georges Aktinson et d’Elizabeth (Lizie) Graham Kerr, devenue après son mariage en 1887 Mrs Elisabeth Kerr Aktinson… le même nom que la signataire des lettres.  Il a une soeur Clara née en 1892. Bill mentionne sans date l’existence d’une autre soeur, Joséphine, morte pendant son enfance. Il est intriguant de retrouver ce prénom Joséphine, qui est celui de la marraine indiquée par Xavier Debrion. Encore plus intriguant qu’aucune notice biographique ne mentionne cette naissance. En fait un lourd silence plane sur Clara Aktinson précise Bill Aktinson.

« With the exception of an occasional vignette (my dad) never spoke in detail of his years as a boy and young man at home in Ithaca. He rarely mentioned his family or his sister Clara; an omission I never questioned until years later. Only near the end of his life did I learn from him that his parents had separated and divorced over his father’s alcoholism (probably around 1910) and, further, that his sister Clara had died a suicide in 1917 in New York City [ ]. He revealed these secrets to me with great emotion and I realized that they were born in a different cultural era where divorce and suicide were universally considered to be dark and shameful family failings.  »

La perte de leur fille et soeur ont sans doute contribué à la générosité des Atkinson mère et fils. Se peut-il que Clara se soit fait appeler Joséphine? Etait-ce elle finalement la marraine de guerre d’Henri DEBRION? Est-ce pour cela que sa famille s’est sentie liée aux enfants DEBRION?

Avril 1917. Les Etats-Unis entrent en guerre. Francis Kerr Aktinson s’enrôle dans l’American Expeditionary Force (AEF) comme ingénieur dans une formation pour devenir officier. Il en sort comme « First Lieutenant » et arrive en France à la tête de la 78eme division, 303rd Engineer Train “comprising 125 men, 100 mules, 25 wagons and 12 motor trucks.” Il participe aux travaux de la reconstruction du pont de l’Aire sous le feu ennemi et poursuit son service actif jusqu’à l’armistice.
Aux Etats-Unis, son père meurt de la grippe espagnole en 1918. Francis Kerr ne rentre aux Etats-Unis qu’en 1919, car il faut un certain temps pour organiser le réembarquement de la totalité du corps expéditionnaire américain.

1918_FKA
Portrait du Lieutenant Kerr, publié sur le blog de son fils en 2017

Après la guerre, Francis Kerr Aktinson s’installe à New-York pour travailler avec un camarade d’avant guerre, ingénieur, Roderick Donaldson. Bill, dans son article, précise la nouvelle adresse de son père à Manhattan en 1919: 502 West 113th StreetC’est précisément l’adresse qui figure sur l’enveloppe que reçut Marie DEBRION, la veuve de notre soldat. Incroyable, non?

Est-ce que ces liens ont perduré après 1919? Bill Atkinson indique que pendant des années son père a gardé des liens avec une famille française chez qui il logea en 1919 à Venarey-les-Laumes ; la famille Chapeau. Il soutint financièrement l’éducation de leur jeune fils Fernand Chapeau, et lui envoya aussi des cadeaux pour Noêl.

Nous avons envoyé un message via son blog à Bill Atkinson. Nous répondra-t-il? Possède-t-il les lettres envoyées à sa mère par la famille DEBRION? Nous ne le savons pas encore…

Avis de recherche: Jean MOLÈRES

jean-molc3a8res-photoJean Georges Eugène MOLÈRES, fils aîné de Pierre Louis Marie Gabriel et de Marie Amélie, naît le 10 novembre 1890 à Irún, dans le Pays Basque espagnol, où sa famille avait une entreprise de transports. Il avait une sœur, Suzanne, 5 ans plus jeune que lui.

L’entreprise, ‘Girod et Molères’, offrait des services de transport en Espagne et Portugal et est souvent apparue dans le Journal Des Transports puis dans un journal espagnol indiquant sa présence à Madrid.

Quand à la vie de Jean, on sait qu’il fait ses études à l’École Saint-Gènes de Bordeaux de 1905 à 1908. Il commence son service militaire le 10 octobre 1911, quand il est mobilisé au 49ème régiment d’infanterie à Bayonne. Il devient soldat de deuxième classe puis de première classe rapidement. Il passe dans l’armée de réserve le 8 novembre 1913. Le 31 juillet 1914, il était domicilié à Irún. Il est rappelé à l’activité le jour suivant par l’ordre de mobilisation général, et rejoint le 49ème le 3 août.  Il devient caporal le 11 novembre puis sergent le 4 février 1915. Il meurt le 24 mai 1916 à 3h45 lors d’un bombardement, à Verdun, qui et décrit comme ‘la plus lente des lentes heures’ dans l’historique de son régiment.

Avis de recherche: Henri Édouard Joseph LEGRAND

Nous sommes 2 élèves de 2º du LFM, Blanche Leborgne et Marina Galiano, qui essayons de retracer la vie d’Henri Edouard Joseph LEGRAND. Né le 26 octobre 1888 à Coarraze, dans les Pyrennés Atlantiques, il est le benjamin de la famille. Sa soeur, Suzanne Laurencine Gabrielle, est née le 14 mars 1884, comme lui à Coarraze. Son frère Joseph Philippe Félix, par contre, est né à Pau, le 14 mai 1879. C’est là que notre soldat fait son service militaire en 1909. Une fois fini, il part vivre, le 13 novembre 1911 à Madrid, rue Estanislao Figueras, comme employé. Mais 3 ans plus tard, le 2 août 1914, il est appelé lors de la mobilisation générale. Il arrive 2 jours plus tard au 34º régiment d’infanterie, comme soldat. Le 17 septembre 1914, à peine la guerre commencée, il disparaît lors d’une bataille à Craonne. La tombe 2764 lui est dédié dans la Nécropole nationale de Cerny-en-Laonnois.

 

Avis de recherche DUMAS Henri

Henri Dumas, le fils de Louis et Chalvignac Marguerite, né le 6 novembre 1894 à Canton de Riom en Montagne dans le département du Cantal. Il a vécu à Madrid.

Il est incorporé au 4ème Régiment de génie le 5 septembre 1914 puis au 2ème Régiment de sapeur-mineur le 9 septembre 1914. Il passe dans la 13ème section infanterie puis à la 11ème le 20 octobre 1914. Le 12 décembre 1914 il s’incorpore au 2ème régiment infanterie. Et finalement au 183 Régiment d’infanterie le 10 février 1918. Il a disparu le 25 septembre 1915.

Il est déclaré décédé le 25 septembre 1915. La date du décès est fixé par l’autorité judiciaire par Jugement du Tribunal Civil de Mauriac en date du 21 décembre 1920.