Nouvelle source : le recensement consulaire de 1942 des Français de Madrid

Les cartons des Archives diplomatiques de Nantes révèlent de belles surprises, comme ce recensement nominatif des Français de Madrid, immatriculés ou à défaut connus du consulat,car comme le fait remarquer le consul de l´époque, même des membres éminents de la colonie française ne sont pas immatriculés. Sur 91 pages, les noms des Français de Madrid sont répertoriés par ordre alphabétique dans un tableau qui comporte outre les noms et prénoms, la profession, l’adresse, la date de naissance, la situation familiale (avec parfois les noms des enfants) et la situation militaire. On découvre ainsi que Gaston CLAUDE, père de notre poilu André CLAUDE, ancien combattant lui-même,  représentant de la Compagnie des Wagons Lits en Espagne et au Portugal, vit toujours à Madrid en 1942, avec sa seconde épouse Odette FADIE. La mère d’André CLAUDE, Renée MACQUARIE, est présente également dans ce recensement. Nul doute qu’une lecture attentive de ces 91 pages apportera des surprises intéressantes à nos élèves.

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« Bon pour le service actif »

Apparaissent, dans les archives consulaires datées de l’automne 1914, de très nombreux certificats médicaux qui décident de l’affectation des hommes, notamment ceux qui avaient été exemptés de service militaire, pour des raisons médicales par exemple. Les pertes impressionnantes des premiers mois de la guerre en août et septembre 1914 font rapidement réaliser à l’Etat-major que la guerre va être plus longue que prévue : il est urgent de reformer les régiments décimés. Pour cela, ordre est donné de convoquer devant des commissions médicales des hommes jugés initialement impropres au service armé. Certains continuent d’échapper au conflit : c’est le cas de Jean Pierre CALVET, frère de notre poilu, qui est déclaré inapte à tout service pour cause de bronchite chronique. On découvre dans les archives  le cas de notre poilu Ernest FABRE, né en 1887. En 1907, Ernest FABRE est exempté à Madrid de service militaire pour cause des suites de la fièvre typhoïde. Le 6 octobre 1914, après une visite médicale, il est déclaré bon pour le service actif et affecté dans l’artillerie. Il est mort dans la Marne le 30/09/1915 comme le signale sa fiche Mort Pour La France . Dans la plupart des cas, c’est à un service auxiliaire qu’est déclaré apte le futur soldat : c’est le cas  d’Henri BATISTE, frère de notre poilu, qui se maria en 1914 avant de rejoindre le front. Il survécut à la guerre. Ce ne fut pas le cas d’Antoine LAPARRA, qui fut affectée à un service auxiliaire et qui figure sur notre plaque. Son parcours n’a pas encore été étudié par un groupe d’élèves. Des exemples de ces compte-rendus des commissions de réforme seront mis à disposition des élèves. Pour en savoir plus sur ces commissions de l’année 1914, on peut se reporter à ce très bon site qui retraces les étapes du parcours d’un combattant de la Grande guerre.

Quand nos poilus se sont-ils installés à Madrid?

Le dépouillement des registres d’immatriculation consulaire (397PO/1/102 et 103) permet d’établir approximativement la période d’installation de nos futurs poilus à Madrid. Tous les Français ne s’inscrivaient pas sur le registre du consulat, mais on peut retrouver une dizaine d’entre eux avec mention de leur profession et de leur adresse à Madrid à cette date. Ces déclarations portent la signature des inscrits.

  • 1882, 18 janvier, MOMBRUN Alexandre René Annet, employé de banque.
  • 1883, 11 janvier, CALVET Jean, boulanger, père de notre poilu. 4 enfants à cette date, dont notre poilu Pierre Alexandre
  • 1890, 27 novembre, LAPARRA Jean, commerçant, père de notre poilu, et sa femme Henriette AIGUEPERSE
  • 1905, 16 février, ROUSSEL Léon Marie, Ingénieur agronome
  • 1906, 8 octobre, BAYCE Barthélémy Hilaire Pierre, employé de commerce
  • 1906, 30 octobre, MORIN DE LA PILLIERE Eugène Henri, négociant, père de notre poilu
  • 1908, 26 décembre, PARIS François Louis, caoutchoutier
  • 1909, 9 mars, HAURILLON Charles, Contrôleur aux Wagons Lits
  • 1913, 14 avril, CAMURAT Antoine, père de notre poilu. Signe le fils aîné
  • 1913, 31 octobre, BINOIS Edouard Eloy, représentant de commerce
  • 1913, 22 novembre, PARIS Pierre, Directeur Institut Français. 1 fils.
  • 1913, 7 juillet, SUPIOT Albert Joseph Victor, représentant de commerce. 3 enfants.

Les registres ont intégralement photographié et seront mis à disposition des élèves.

 

Les affaires de Camille BOUHIER

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Succesion Bouhier, ancien directeur d’une usine de la Sociedad general de Industria y comercio de Madrid

Il existe dans les archives déposées par le consulat un dossier BOUHIER (Carton :397PO/1/307). Une fois sa mort connue, le père de Camille BOUHIER prend contact avec le consulat pour récupérer les affaires de son fils. Il sollicite cette aide car, comme il l’écrit, il ne connaît personne à Madrid. Le consulat enquête et la Sociedad General de Industria y Comercio qui employait Camille Bouhier avant la guerre répond ainsi : « Le solde de son compte chez nous est de 8.142,63 pesetas que nous tenons à votre disposition, ainsi que les effets suivants :
1 veste / 5 gilets /1 pantalon /19 faux-cols en fil /9 paires de machettes / 4 faux cols en reps /4 cravates /8 mouchoirs /8 manches tricot /1 chemisette laine /1 casquette /1 brosse à rasoir / 1 rasoir /1 brosse à dents / 1 crochet à souliers /4 cartes postales écrites / 1 acte de naissance / 6 lettres écrites / 4 portraits et photographies / 5 diplômes / 1 cuir à repasser / 1 brosse à chapeaux / 24 livres / 26 cahiers manuscrits »
Il est fort peu probable que des traces de ces objets existent encore, mais sait-on jamais? Il faudrait pour cela retrouver des descendants des frères de Camille BOUHIER.

Archives de Nantes : premiers cartons

Petit point à la sortie des archives sur cette première journée. Beaucoup de photographies d’archives (800 clichés), il faudra du temps pour les dépouiller. De nombreuses informations vont permettre de compléter les portraits de poilus et d’offrir des pistes pour certains énigmes, on y reviendra. Voici le point registre par registre. Avec une photo en prime de la table du chercheur : l’ordinateur (du lycée!), l’appareil photo numérique, la liste des poilus, le crayon gris, le carton d’archives, le répertoire généalogique.

  • le registre d’immatriculation des Français au consulat de Madrid (1879-1906)  : 397PO/1/102
  • le registre d’immatriculation des Français au consulat de Madrid (1906-1916) : 397PO/1/103

L’intérêt de ces deux gros registres et de pouvoir dater à quel moment une famille s’installe à Madrid, avec des précisions sur la profession du chef de famille et l’indication d’une adresse à Madrid. Tous les Français ne s’immatriculaient pas cependant. Tous les pages ont été photographiées pour pouvoir être consultées par les élèves.

  • le dossier des Instituteurs détachés en Espagne jusqu’en 1914 : 396PO/B/379

Ce dossier ne contient pas de documents individuels, mais permet de trouver des traces de 2 des 3 professeurs du collège morts à la guerre : Henri COMMENGE et Paul MARAVAL. On y trouve aussi des document sur leurs salaires et leur arrivée dans le collège.

  • le dossier de la Société de Bienfaisance : 396PO/B/381
  • un second dossier consacré à la société de bienfaisance 396PO/C1/555

Des documents qui croisent les compte-rendu déjà relevés à la Casa Velazquez, des documents sur l’histoire du collège, des longs rapports un de Pierre PARIS et un d’un inspecteur de l’Education nationale. Des documents remarquables pour l’histoire du lycée.

  • un dossier consacré aux orphelins de guerre  et à l’appel des recrues  396PO/B/520

Dossier décevant pour nous puisque, même s’il explique comment est organisée l’aide aux orphelins en Espagne, il manque les informations sur Madrid. Pas de trace des orphelins Bacquié pour l’instant.

  • un dossier rassemblant des documents de la période la 1ère guerre : 397PO/1/88

C’est le dossier essentiel avec notamment les informations liés à l’élaboration du livre d’or de 1935, on y reviendra. On comprend mieux la chronologie et les différences avec la liste de notre plaque. Une belle surprise avec l’évocation d’une femme qui s’engagea dans le conflit.

Au programme de demain :

  • un dossier rassemblant des documents de la période la 1ère guerre : 397PO/1/87
  • un dossier contenant des documents sur la succesion BAYCE : 397PO/1/306
  • un dossier contenant des documents sur la succesion BOUHIER : 397PO/1/307
  • un dossier sur le projet de monument aux morts de Barcelone en 1925 : 396PO/C1/568
  • un dossier sur les renseignements consulaires : 396PO/D/240
  • un dossier sur le lycée : 396PO/C1/533
  • un dossier sur la colonie française de Madrid : 396/C1/567

Nos poilus sur le site collaboratif Memorial Genweb

Le site Memorial Genweb est une incroyable base de données collaborative, fondée sur la mise en ligne des relevés des monuments aux morts, livres de pensions et autres plaques commémoratives, notamment de la première guerre mondiale. La plaque de notre lycée y a d’ailleurs été enregistrée en 2014 par l’amicale du 140eme RI. Pour chacun de nos soldats apparaissent plusieurs occurrences. A nous de proposer les rapprochements  entre celles-ci.

  • BACQUIE Alphonse (1893-1915) . Il est présent sur 2 fiches  dont nous allons demander la fusion : celle liée à la plaque du lycée (3792894) et celle qui est lié au Livre d’Or du ministère des Pensions de Paris, 1er arrondissement (3701174) 
  • BINOIS Edouard (1883-1914). Il est présent sur une seule fiche (5197793) qui fait référence à 4 sources : la plaque du lycée, le monument aux morts de Meudon, sa ville natale, une plaque commémorative de Meudon, le livre d’or du ministère des Pensions de Meudon. Le travail de fusion a déjà été fait.
  • BOUHIER Camille (1889-1918). Il est présent sur 4 fiches : une liée à la plaque du lycée (3792890), une autre plaque commémorative à l’ENSA de Montpellier oú il a étudié (720078), une autre lié au livre d’or du ministère des pensions de Beaune (4834411), une autre (5441550) qui s’appuie sur 4 sources : les monuments aux morts de Beaune ville et du hameau de Gigny, la plaque commémorative de la Collégiale Notre-Dame à Beaune et le carré militaire du cimetière de Beaune où il est enterré. Nous allons demandé la fusion de ces 4 fiches.
  • CALVET Alexandre (1881-1916).  Il est présent sur une seule fiche (5495909) qui fait référence à 6 sources : les monuments aux morts de Sansac-de-Marmiesse , les deux monuments aux morts d’Ytrac, le livre d’or du ministère des pensions d’Ytrac, la plaque du lycée de Madrid… et le monument aux morts de Barcelone. Vérification faite, il y a eu une fusion hâtive de fiches, car le Pierre CALVET du monument aux morts de Barcelone n’a rien à voir avec notre Alexandre Pierre CALVET. Nous allons faire une demande de « défusion » de fiches, car le Pierre CALVET de Barcelone correspond à Pierre Bonaventure CALVET (fiche 930285 et 8076320)
  • CLAUDE André (1898-1918). Il est présent sur 2 fiches  dont nous allons demander la fusion : celle liée à la plaque du lycée (3792884), celle qui est lié au Monument au mort de Saint Jean de Luz (498364). Les familles MOMBRUN et CLAUDE sont liés par Saint-Jean-de-Luz.
  • LABANDEHORE Eusèbe (1891-1914). Il n’est identifié que sur une seule fiche, celle de la plaque du Lycée de Madrid (3792912)
  • MOMBRUN Joseph Pierre (1895-1917). Il est présent sur 2 fiches  dont nous allons demander la fusion : celle liée à la plaque du lycée (3792886), celle qui regroupe le Monument au mort de Saint Jean de Luz (3213860) et celle du Livre d’or des lycées de Bordeaux. On réalise ainsi que les frères MOMBRUN et les frères PARIS devaient se connaître.
  • PARIS Franc (1897-1915).  Il est présent sur 3 fiches dont nous allons demander la fusion : celle liée à la plaque du lycée (3792907), celle du Monument au mort de Bordeaux (2514305), celle du Livre d’or des lycées de Bordeaux (2178332).
  • PARIS Roger (1889-1914). Il est présent sur 3 fiches dont nous allons demander la fusion : celle liée à la plaque du lycée (3792908), celle du Monument au mort de Bordeaux (2514307), celle du Livre d’or des lycées de Bordeaux (2178333).
  • ROUSSEL Léon (1872-1916).  Il est présent sur 2 fiches  dont nous allons demander la fusion : celle liée à la plaque du lycée (3792909), celle (3257723) qui regroupe le Monument au mort de Gonesse, sa ville natale et  la Nécropole Bevaux à Verdun, où il est enterré.
  • ROUSSELOT Aymard (1880-1914). Il est présent sur 4 fiches dont nous allons demander la fusion : celle liée à la plaque du lycée (3792910), celle du Monument au mort de Couture (1334461), celle du Livre d’or du ministère des Pensions  (4304079), celle de la plaque commémorative de Couture (2636052).

Exploration nantaise

Les vacances de février sont l’occasion d’une visite de 3 jours aux archives diplomatiques de Nantes.  L’objectif est de récupérer un maximum de copies de documents concernant la vie de la colonie française de Madrid à l’époque de la grande guerre. Au rythme de 7 cartons de documents par jour (quantité autorisée), il ne sera pas possible de consulter l’ensemble des documents qui nous intéressent. Il va falloir être stratégique. L’idée est également de récupérer les informations généalogiques mises à disposition du public en salle de lecture. Voilà le programme du 1er jour :

  • le registre d’immatriculation des Français au consulat de Madrid (1879-1906)  : 397PO/1/102
  • le registre d’immatriculation des Français au consulat de Madrid (1906-1916) : 397PO/1/103
  • le dossier des Instituteurs détachés en Espagne jusqu’en 1914 : 396PO/B/379
  • le dossier de la Société de Bienfaisance : 396PO/B/381
  • un dossier consacré aux orphelins de guerre  et à l’appel des recrues  396PO/B/520
  • un second dossier consacré à la société de bienfaisance 396PO/C1/55
  • un dossier rassemblant des documents de la période la 1ère guerre : 397PO/1/88