Point sur les descendants des 11 premiers poilus

Voici l’état des lieux des descendants des 11 premiers poilus identifiés.

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Aymard ROUSSELOT (1880-1914) a-t-il eu des descendants?

Peu de nouvelles pistes pour le soldat ROUSSELOT. Sans frère ni soeur, difficile de trouver des traces photographiques ou écrites de ce soldat. Néanmoins, compte tenu de son âge à son décès, un léger espoir demeure de découvrir d’éventuels descendants. Les archives de Nantes donnent quelques pistes.

L’enquête de 1936 auprès des Français de la colonie mentionne la présence à Madrid de Maria CASTANEDA, Veuve Rousselot, numéro d’immatriculation 74 – 84, domicilié au 12 rue Andres Mellado.

Le recensement de 1942 nomme en page 82 la présence à Madrid, au 12 rue Andres Mellado de Marie ROUSSELOT, née CASTANEDA, née le 5 juillet 1888. Sa situation de famille est veuve de guerre. On indique 1 enfant (déserteur en temps de paix).

Le répertoire des registres d’Etat civil contient la transcription de la naissance d’Henriette Augustine ROUSSELOT le 29/06/1937, et la transcription d’un mariage de ROUSSELOT N. avec FERNANDEZ N, sans distinction de sexe le 16/02/1951. Ces transcriptions correspondent certainement á une volonté de faire reconnaître la nationalité française.

Le journal espagnol ABC signale le décès de Juan Pablo ROUSSELOT FERNANDEZ de CASTANEDA le 28/11/1994, époux de Ramona MEDINA FUENTES, père de Maria Dolores ROUSSELOT MEDINA et de Juan Antonio ROUSSELOT MEDINA. Son âge à son décès de 81 ans place sa naissance en 1913. Il pourrait être ce fils évoqué en 1942 comme déserteur en temps de paix.

Une page de geneanet est tenue par Cristina ROUSSELOT SANZ, petite fille de Juan Pablo ROUSSELOT FERNANDEZ.

Peut-on en déduire la descendance suivante ? C’est très téméraire ! Une tentative a été faite de contacter Cristina ROUSSELOT SANZ.

  • 1, ROUSSELOT Aymard º1880
  • x CASTANEDA Maria º1888 + après 1942
  • 1.1. ROUSSELOT FERNANDEZ DE CASTANEDA Juan Pablo 1913 + 1994 à l’age de 81 ans
  • x MEDINA FUENTES Ramona
  • 1.1.1. ROUSSELOT MEDINA Maria Dolores
  • 1.1.2. ROUSSELOT MEDINA Juan Antonio
  • 1.1.2. x SANZ N….
  • 1.1.2.1. ROUSSELOT SANZ Cristina
  • 1.1.2.2. ROUSSELOT SANZ Juan Luis

Nos poilus visibles sur Geneanet.org

geneanetNous continuons de renforcer notre visibilité sur internet. Nous avons ouvert un compte, sur la base de données généalogiques Geneanet, simplement baptisé « les Poilus de Madrid ». Destiné à accueillir les généalogies de nos 40 poilus, il est librement consultable. Notre espoir : que dans les prochains mois, des descendants de nos soldats découvrent notre travail et prennent contact avec nous. On peut tout aussi bien y trouver une liste de l’ensemble des individus de la base connectée à la généalogie de nos 11 premiers soldats, que visualiser l’ascendance et la descendance des poilus telles que les élèves ont pu l’établir.

BACQUIE genealogie ascendante

CLAUDE André (1898-1918) : l’incroyable contact avec sa nièce.

Claude AndréBeau jeu de piste qui vient de nous offrir une incroyable surprise. Nous avions par une recherche google simple le nom de « Renée MACQUARIE » dans un extrait d’article d’un numéro spécial du Journal sud-ouest, nommé « 1914-1918 : notre région dans la guerre ». Contactés, ni le journaliste, ni le magazine n’avaient répondu à nos messages. Cependant, nous avons pu acheter la revue dans un site en ligne de vente d’occasion. 8 pages étaient consacrés à notre soldat : un témoignage exceptionnel combinant des photographies  et des extraits de correspondance. Nous découvrons ainsi qu’une troisième soeur, Monique, née en 1918. Des moments tragiques sont ainsi évoqués comme la recherche du corps d’André par son père Gaston qui finit par déterrer lui-même, clandestinement, le corps de son fils, pour être certain de pouvoir lui offrir une sépulture digne après le conflit. Les photographies portaient comme source le nom de Collection Bourdil. Un patronyme assez rare qui nous a conduit sur le site de la bibliothèque nationale de Tolbiac, qui est la seule à conserver  un ouvrage rédigé par Dominique BOURDIL et consacré… à André CLAUDE! Un livre entier sur notre poilu! Contactée, la bibliothèque nous a indiqué qu’il ne pouvait pas être réalisé de copie de ce livre et nous incitait à contacter son auteure. Ce que nous avons tenté via un blog dominiquebourdil.com . La réponse fut quasi immédiate : nous étions bien entrés en contact avec la petite-nièce d’André CLAUDE, qui a proposé de nous envoyer de nombreux documents. Il s’agit là d’un témoignage exceptionnel, que nous présenterons plus longuement.

Qui sont les Français de Madrid au début du XXème siècle ?

L’enquête de 1923 dresse un tableau des différents milieux professionnels dans lesquels sont engagés les Français en Espagne.  Malgré les bouleversements de la guerre, la composition de la colonie française de Madrid de 1914 devait porter des traits communs avec celle décrite en 1923. Jugez plutôt.

Le rapport sur Madrid propose une simple liste :

« Ingénieurs (chemins de fer et mines). Représentants de marques d’automobiles, accessoires et pneumatiques.  Agents de compagnies d’assurances. Membres de congrégations religieuses, employés de banque et de commerce, boulangers, institutrices, gouvernantes, professeurs de langue, cuisiniers, etc… »  On retrouve dans cette liste certaines des professions identifiées pour les 11 premiers poilus sur lesquels les élèves ont travaillé ce premier semestre.

Le tableau est plus fouillé dans la synthèse générale pour l’Espagne :

« Une constatation d’ordre général s’impose concernant le caractère relativement élevé des situations sociales qu’occupent en Espagne la plupart de nos compatriotes. Le fait ne saurait surprendre, ce pays étant ainsi qu’il est notoire beaucoup moins avancé que la France sous le rapport de son évolution économique. Eu égard à la fois à une telle situation et à la proximité de notre partie, il est naturel que l’on fasse en particulier appel à nos ressortissants pour la constitution des cadres indispensables aux grandes entreprises commerciales et surtout industrielles qui se sont créées et développées en Espagne depuis un quart de siècle. Cet état de choses explique notamment la présence dans les différentes parties de la péninsule d’un grand nombre d’ingénieurs français : anciens élèves de l’Ecole Polytechnique ou ingénieurs des arts et manufactures. Certains de ces ingénieurs sont au service des Compagnies de chemins de fer,  compagnies qui, d’ailleurs assumèrent presqu’exclusivement leur exploitation à l’origine grâce à des concours français prêtés sous la triple forme de fournitures de matériel roulant, d’envoi de personnel technique et d’engagement de capitaux. Un groupe important d‘ingénieurs français est employé par la Société de Peñarroya tant à Madrid qu’à Peñarroya même. Des ingénieurs civils français travaillent aussi dans  centres industriels métallurgiques de Barcelone, Bilbao, Carthagène et Malaga. A côté de ces ingénieurs, un personnel technique français important de contremaîtres, de dessinateurs industriels, etc… est employé dans ces mêmes établissements.

Un groupe nombreux est également constitué par les commerçants de notre nationalité, plus particulièrement par des concessionnaires, certains d’entre eux s’occupant des exportations de France en Espagne et les autres des exportations d’Espagne en France. Il convient  là encore de noter que la plupart d’entre eux possèdent des situations relativement importantes et que les affaires traités par leurs soins portent en général sur d’assez gros capitaux. Des négociants français appartenant aux branches les plus diverses du commerce se trouvent à Saint-Sébastien, à Madrid, à Barcelone et à Valence. Des représentants de nombreuses compagnies d’assurances françaises, qui effectuent pour le compte de ces Compagnies d’importantes opérations ont en outre des bureaux à Madrid.  Nos compatriotes tiennent aussi une certaine place dans le personnel administratif des établissements bancaires.

A côté de ces éléments d’action économique, il faut signaler ceux, proportionnellement très important, de notre action intellectuelle et morale. Au premier rang de ces derniers, figurent les professeurs et les instituteurs de diverses catégories. Certains appartiennent au personnel des établissements scolaires français qui existent dans la péninsule et que subventionne le Gouvernement de la République. d’autres sont au service d’institutions espagnoles. Le nombre des institutrices françaises entrées au service de familles espagnoles, ou de familles de nationalités étrangères en résidence en Espagne est relativement considérable.  Parmi les Français qui s’adonnent à l’enseignement dans la péninsule, se trouve un assez grand nombre de religieux et de religieuses. On compte aussi une certaine quantité de moines français appartenant à des Ordres divers. Ces prêtres et ces religieux témoignent en général d’un esprit patriotique élevé.

En dépit de l’indication générale donnée ci-dessus, on doit noter l’existence de deux groupes de Français assez importants qui exercent des professions d’un caractère plus modeste ou en tout cas moins savant. La Colonie française de Madrid comporte un groupe important de boulangers dont les ascendants sont il y a longtemps déjà venus d’Auvergne et qui ne sont en aucune manière dénationalisés. Des quantités assez nombreuses de modistes et de couturières se trouvent d’autre part à Madrid et dans diverses villes de province. »

Il sera intéressant de confronter cette description aux activités professionnelles de nos 40 poilus.

300 poilus morts pour la France

L’enquête consulaire permet de calculer le nombre de soldats français morts pour la France parmi les soldats mobilisés installés en Espagne en 1914 ou ayant un lien familial fort avec elle. En relisant les compte-rendus rédigés par les différents consulats en 1923, on obtient le tableau suivant.

 

Mobilisés Tués
BARCELONE 1500 130
BILBAO 50 10
CADIX 2 1
CORDOUE 76 10
COROGNE 13 2
HUELVA 36 7
MADRID 550 50
MALAGA 60 7
SAN SEBASTIEN 620 56
SEVILLE 60 8
VALENCE 60 11
TOTAL : 3027 mobilisés 292 tués

L’enquête ne permet pas de connaître le nombre de veuves, d’orphelins ou de blessés. On remarque  que le nombre de soldats tués est généralement proche de 10% des mobilisés. Lorsqu’on dépouille les réponses de chaque consulat, on observe une assez bonne précision des informations fournies sur le nombre de poilus tués pendant le conflit. Valence donne le chiffre de 11, qui coïncide avec celui de sa plaque commémorative. Madrid propose donc le chiffre de 50 morts pour la France. Rappelons que les plaques de Saint-Louis et du Consulat en comptent 39, celle du lycée 40. Une preuve supplémentaire de l’oubli de certains de nos poilus.

3.000 poilus issus des Français installés en Espagne en 1914

Une nouvelle source dormait dans les cartons des archives diplomatiques de Nantes. Une vaste enquête menée par le réseau consulaire sur les Français d’Espagne en 1923. L’intérêt pour nous tient aux questions qui furent posées sur la participation des Français d’Espagne à la première guerre mondiale. Le modèle du questionnaire a été conservé, nous avons simplement rajouté un numéro pour chaque question

  • (1.) nombre des français établis
  • (2.) situation sociale qu’ils y occupent, en général
  • (3.) contingent approximatif qu’ils ont fourni pendant la guerre à la défense nationale
  • (4.) chiffre des morts pour la France qu’on compte parmi eux
  • (5.) nombre approximatif des enfants qu’ils peuvent avoir, dans quelle mesure ces enfants peuvent recevoir une éducation française et garder des sentiments français, ce que deviennent la plupart de ces enfants, quel concours pouvons nous attendre d’eux pour le développement de notre commerce extérieur et de notre influence
  • (6.) oeuvres & institutions de toute nature (hôpitaux, écoles, sociétés de bienfaisance, groupement d’Alliance française, chambre de commerce, etc…) avec indication de leurs moyens d’action.
  • (7.) situation qu’occupent, dans le pays, les ressortissants des nations européennes (Anglais, Allemands, Italiens, Espagnols) sacrifices que la guerre a pu infliger à certains d’entre eux, dans quelle mesure ces sacrifices peuvent être comparés à ceux imposés à nos nationaux.

Chaque consulat a répondu avec plus ou moins de précision à cette enquête, dont voici la synthèse telle qu’elle figure dans les archives :

  • (1.) Nombre des français établis : « le chiffre peut être évalué approximativement à 20.000 et l’on y comprend les non-immatriculés et à l’exclusion naturellement des déserteurs et insoumis. Sur cette quantité treize mille au moins se trouvent à Barcelone, 3.500 à Madrid, 1,200 à Saint-Sébastien un peu plus de 500 à Bilbao et un peu moins de 400 à Séville »
  • (3.) Contingent approximatif qu’ils ont fourni pendant la guerre à la défense nationale : ce contingent semble s’être élevé à un peu plus de 3.000 hommes, dont 1.500 environ mobilisés à Barcelone, 550 à Madrid, un plus de 600 à Saint-Sébastien et environ 170 à Séville.
  • (4.) Chiffre des morts pour la France qu’on compte parmi eux : le nombre paraît être très légèrement supérieur à 300, dont 130 parmi les membres de la Colonie de Barcelone, 56 à Saint-Sébastien, 50 à Madrid et 26 à Séville ».