Réorganisation du site

Rédaction du livre d’or oblige, il est temps de remodeler l’organisation de notre site internet. Une rubrique livre d’or 2020 va donc faire son apparition dans les onglets horizontaux. Elle remplace la rubrique énigme. L’occasion de les reproduire dans cet article. L’énigme principale, on y reviendra, est l’identité de Pierre HAUSER, toujours inconnue de nous.

Les énigmes

Au fur et à mesure du projet, nous consignons ici les énigmes que nous rencontrons et signalons comment elles sont résolues (ou pas!).

1. La plaque : d’où vient-elle? Pourquoi est-elle au lycée? quand a-t-elle été inaugurée? Quelle est son histoire?—> résolue

2. Les 3 PARIS : y a-t-il un lien de parenté entre les poilus nommés PARIS? Résolue.

3. Comment expliquer la répartition des noms sur la plaque et l’incomplet classement alphabétique? Pourquoi l’ordre alphabétique est-il respecté sur les autres plaques et pas sur celle du lycée?

4. Pourquoi Hippolyte DEMICHEAUX est-il sur notre plaque mais pas sur les plaques de l’Eglise Saint-Louis et du Consulat?  (mise en ligne le 12/11/2017) Non résolu.

5. Pourquoi tous les poilus de Madrid morts pour la France ne figurent-ils pas sur les plaques commémoratives?  (mise en ligne le 12/11/2017) Non résolu. Juste des hypothèses.

6. A quoi correspondent les numéros qui qualifient le niveau scolaire dans les fiches matricules des soldats  (mise en ligne le 12/11/2017). Résolue.

7. La plaque sculptée en 1921 par Yani Paris en l’hommage des 3 chercheurs de l’Ecole des hautes études hispaniques existe-t-elle encore? (mise en ligne le 14/12/2017). Résolue.

8. Que reste-t-il des éventuels documents transmis en 1920 à la Bibliothèque de la guerre lors de la collecte des traces de la guerre effectuée à Madrid? S’ils existent, sont-ils dans les cartons de la BDIC? (mise en ligne le 6/2/2018) Non résolus.

Des enfants de nos poilus

Nous avons l’occasion de parler d’une nouvelle source proposée aux généalogistes : le fichier des décès de l’INSEE, postérieurs à 1970. En séctionnant MAdrid comme lieu de naissance, on obtient 6155 noms. La lecture nous a réservñe de belles suprises.

LE NOM DES TROIS ENFANTS LAURENT

Nous avions un cas intéressant avec Ernest LAURENT. Nous savions qu’ils avaient eu 3 enfants de son mariage avec Josefa ALCANIZ, mariage en date de 1910. En croisant le patronyme LAURENT avec le lien de naissance MADRID, on aboutit aux résultats suivants

Voici donc les enfants LAURENT, 3 filles, dont la dernière est décédée en 2010. Une nouvelle piste peut-être à suivre.

Lucie Josephine Dolorès LAURENT née le 31 janvier 1913 et décédée à La Valette du Var le 03 mars 1998

Elise Josephine Lucie LAURENT, née le 10 décembre 1911 à Madrid et décédée le 29 mai 2006 à Rambouillet

Marie Ernestine Emilie LAURENT née le 15 septembre 1914 et décédée à Saint-Hippolyte du Fort le 15 janvier 2010.

D’AUTRES PRECISIONS SUR D’AUTRES POILUS

. On découvre que le soldat BOURGINEAU a une fille, MArie Andrée Madeleine née le 31 août 1913 et décédée le 23/06/2009 à Boncourt (28)

. On apprend que Paul DEBRION, fils su poilu DEBRION, est né à MAdrid le 18/09/1912 et décédé le 04/03/1998 à Clermont-Ferrand

. On découvre aussi NICOD Gabrielle,née le 6/10/1912 à Madrid et décédée le 8/12/1994 à Cognac.. Pourrait-elle être l’enfant du poilu NICOT ?

Lancement du projet du Livre d’or

Ca y est! Le projet du livre d’or coopératif des poilus de Madrid est lancé. On manquait de chaises, ce mardi 18 février, pour accueillir les rédacteurs et les rédactrices volontaires pour s’embarquer dans l’écriture de la biographie d’un des 57 poilus de Madrid. En présence de Mme Guylaine Esnault, conseillère culturelle adjoint, de M.Cédric Prieto, Consul de France, de MM.Stengel et Montoya, Proviseur et Proviseur adjoint du lycée, et de M.Berthelot, président pour l’Espagne de l’Ordre national du mérite pour l’Espagne, nous avons accueilli avec plaisir parents, élèves et membres de la communauté scolaire, intéressés par l’aventure. Le gros des troupes est formé d’une vingtaine d’élèves des deux générations de seconde ayant suivi l’enseignement d’exploration Patrimoine. Mais on trouve aussi 3 élèves, une sixième, un seconde et un élève de première, qui intrigués par le projet, ont eu envie d’en savoir plus. Nous accueillons aussi une trentaine d’adultes qui ont pris connaissance des consignes de travail et de rédaction du projet. En une heure, nous balayons l’essentiel : l’objectif du livre, les modalités de travail à distance et en présentiel, le cahier des charges de la biographie, les différents types de document d’archives qui vont leur être remis. L’occasion aussi de rencontrer une partie des professeurs référents qui vont suivre le travail d’écriture : Christophe Dardel, Violaine Di Bernardo, Stéphane Estrade, Yves Hess, Estelle Paré Fernandez.

Le dossier d’archives va être remis aux volontaires cette fin de semaine. Nous donnons rendez-vous aux rédacteurs sur l’une des 6 séances en présentiel proposées dans le Lab collaboratif du lycée.

Incroyable documentaire espagnol : Aurillac en 1914

En glanant des informations sur la ville Aurillac en 1914, nous tombons sur ce film documentaire muet d’une qualité exceptionnel en couleur, réalisé juste avant la première Mondiale dans les rues de Saint Flour. On y voit également à la fin de celui-ci les gondoles sur la Jordanne(en occitan Jordana) à Aurillac…. il y a 103 ans de cela, tranches de vie quotidienne de Sanflorains(nes) et Aurillacois(ses). Notre bonne quinzaine de Cantaliens ont donc connu ainsi Aurillac.

Une année 2020 productive

Réforme du lycée oblige, le dispositif d’enseignement d’exploration n’existe plus. Comme prévu, l’enseignement Patrimoine a tiré sa révérence. Ce n’est pas pour autant qu’èlèves et professeurs en ont fini avec les Poilus de Madrid. L’année 2020 est ambitieuse. Au programme, deux grandes productions : la rédaction du livre d’or et la réalisation d’un documentaire, sur lequel nous reviendrons prochainement.

Projet Livre d’Or

Les lecteurs de ce blog le savent, il y eut plusieurs tentatives de rédaction d’un livre d’or à Madrid. Un premier exemplaire existe dans les locaux de l’Entraide française, et reprend avec de grandes lacunes biographiques, la liste des morts pour la France, publiée dans le Bulletin de la Société de Bienfaisance. On imagine que ce document date des années 1919-1921.

Un deuxième essai de livre d’or repose dans les cartons des Archives diplomatiques de Nantes. La liste des poilus répertoriés comportait, elle-aussi, beaucoup de lacunes biographiques sous la forme de multiples points d’interrogation.

Notre projet est à la fois simple et ambitieux : finaliser ce livre d’or séculaire, retraçant la vie des 57 poilus de Madrid. Ce livre serait coopératif : les biographies seront rédigées par des contributeurs volontaires. Vont être invités à collaborer des descendants, des élèves ayant participé au projet, des professeurs, des partenaires, les membres des communautés françaises et scolaires de Madrid. Un événement de lancement aura lieu en février. Nous vous en reparlerons bien sûr. Si vous êtes d’ores et déjà intéressés, n’hésitez pas à nous écrire : lespoilusdemadrid@gmail.com

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Captation video des témoignages des élèves

Depuis deux semaines, l’équipe communication du lycée accompagne Stéphane ESTRADE et Estelle PARE-FERNANDEZ dans le recueil video des témoignages des élèves, un an et demi après leur participation au projet Poilus. Ce travail en aval du projet est riche en promesse d’après les premiers rushes recueillis. Notre projet fou : produire un véritable documentaire à partir de ces s, croisés au destin des poilus. Nous ouvrirons prochainement un onglet pour recueillir ces vidéos au fur et á mesure de leur montage.

Un Livre d’or? Pourquoi pas!

Le projet sur les Poilus, terminé ?! Quelle étrange idée !

Certes, il nous offre déjà de beaux palmarès : 2 ans de recherches dans les archives, 2 voyages dans l Est de la France, une magnifique exposition en mai et au final, 57 destinées sorties de l’oubli. Il serait bien dommage d’en rester là.

C’est donc l’occasion de vous présenter notre dernier défi : rédiger un Livre d’or avec une biographie sur chacun de nos 57 poilus. Et participer ainsi au devoir de mémoire, en laissant une trace de tout ce travail mené pendant 2 années.

Les acteurs de ce nouveau projet seront naturellement les anciens élèves de 2nde, mais aussi tous les passionnés qui aimeraient se plonger dans cette grande page de l’Histoire. Nous vous tiendrons informés très prochainement.

Hommage à Jean Moleres

La boucle est bouclée!

Après la visite du Fort de Douaumont, nous nous sommes enfoncés dans la forêt, à la recherche de la tombe de Jean Moleres.

Ce poilu est décédé en mai 1916, aux côtés d’un autre de nos poilus, Henri Labayrade. Ils sont tous deux morts en libérant le Fort de Douaumont.

Clara López et Carla Rosario découvrent avec émotion la sépulture de leur poilu, érigée au pied d’un trou impressionnant creusé à la suite d’un impact d’obus. Le sol conserve encore les stigmates de la violence de ces heures sombres.

Mémorial de l’armistice

Pour terminer notre périple sur les traces de nos poilus, nous avons choisi un lieu symbolique : Rethondes et son musée sur l’armistice.

Situé en plein cœur d’une forêt luxuriante, une large allée nous invite à revivre deux moments forts de notre histoire. Le Maréchal Foch, du haut de son piédestal, envisage les visiteurs.

Puis, nous pénétrons dans le musée et découvrons une réplique du fameux wagon où ont été signées l’armistice du 11 novembre 1918 et celle du 22 juin 1940, célébrant cette fois la victoire du nazisme. Hitler ayant insisté , comme une revanche, pour occuper la place du Maréchal Foch. L’émotion est palpable. Une voix relate les tractations diplomatiques ayant mené à la fameuse signature en 1918.

Notre groupe repart et s’arrête devant ce gigantesque anneau où le mot paix est traduit dans de multiples langues. Un autre symbole particulièrement fort.

Il est temps pour notre groupe de répartir, fier d’avoir accompli ce devoir de mémoire.

Hommage à Ferdinand Lucien Bourgineau

Aujourd’hui, c’est avec émotion que j’ai pu retrouver la tombe de mon soldat, Bourgineau Fernand Lucien. Nous avons enfin pu nous retrouver près de lui, en quelque sorte. Nous avons retracé sa vie, nous lui avons redonné son identité, et aujourd’hui nous venons le lui dire, le saluer, lui rendre hommage.

 » A toi, Bourgineau Fernand Lucien,

Bien que je ne t’ai jamais vu, tu as tout de même une place dans mon esprit.

Tu m’as fait découvrir ce qu’était le devoir de mémoire.

Tu m’as montré ce que tous ces hommes ainsi que toi avez fait pour qu’aujourd’hui, je vive dans un pays en paix, pour qu’aujourd’hui, je ne sois pas obligée de donner ma vie pour mes prochains comme tu as dû le faire.

Fanny et moi, nous t’avons découvert sur notre plaque au Lycée Français de Madrid avec ton nom gravé, Bourgineau Fernand Lucien. On ne savait pas trop quoi faire. On nous disait qu’il fallait qu’on retrace ta vie…alors, on l’a fait. On a cherché pendant des heures, des semaines et des mois, toutes les informations qu’on voulait trouver, pour toi. Ton nom, ta date de naissance, ton lieu de naissance, ton mariage, le nom de ta femme… On a pu retrouver tout ca. Bien qu’aujourd’hui, nous avons encore quelques questions à te poser. Avais-tu des enfants? As-tu de la descendance? Des frères et soeurs? Pourquoi es-tu parti à Madrid? Qu’as-tu fait pour être autant reconnu dans le Journal officiel de la République française?

A chaque informations qu’on trouvait, on était heureuse, un sentiment de satisfaction se reflétait sur nos visages. Alors n’imagine même pas quand l’image de ta tombe est apparue sur nos ordinateurs. On allait enfin pouvoir te rencontrer.

Aujourd’hui, nous sommes à quelques mètres de toi, à la nécropole du soupir II, pas très sympa comme lieu de rencontre, mais on a fait avec.

Merci d’avoir donné ta vie pour nous.

Flore

Paroles d’élèves

On se trouve ici, émus, dans cette nécropole pour rendre hommage à trois de nos poilus de Madrid. Mon groupe avec Mme Fernandez Blanco dépose les fleurs. Toute la classe a participé à l’achat du bouquet. On le dépose sur la tombe de Thers Jean. Le vent souffle paisiblement sur les tombes de ces soldats tués par l horreur de la guerre. Notre travail est terminé et on rentre à la maison avec nos familles.

Pablo Gasser

Aujourd’hui, le 14 juin 2019, deux années de recherches, de travail et de bonheur aboutissent dans cette nécropole du Soupir.

Nous rendons hommage à notre soldat, Jean Thers à qui nous avons redonné une personnalité, une identité, à qui nous avons redonné vie. Nous sommes fiers de lui avoir rendu hommage et fiers d’avoir fait partie d’un projet si enrichissant que l’on n’oubliera jamais, comme tous ces poilus, ces héros.

Julie Regnault

C’est le dernier jour de ce long travail. Le dernier jour de ce magnifique projet. Le dernier jour pour rendre hommage à nos soldats. C’est l’un de moments les plus émouvants de ma vie. J’en ai les larmes aux yeux. C’est la fin d’une honorable et fantastique aventure. Nous rendons, aujourd’hui hommage, le 14 juin 2019, 104 ans après sa mort, à Jean THERS. Merci mes camarades, merci mes professeurs, merci mon lycée, pour une telle expérience. Une expérience très enrichissante, très émouvante, parfois très triste, et très heureuse d’autres fois. C’est un honneur et une fierté d’avoir été l’une des élèves à la tête de ce projet. Un honneur et une fierté que je garderai jusqu’à la fin de mes jours. Un honneur et une fierté dont je parlerai toujours. Un honneur et une fierté que je ne vais jamais oublier.

Jana El Naggar

Hommage à Jean Thers

Nous voilà en ce dernier jour à la Nécropole du Soupir I pour rendre hommage au poilu de Julie Regnault et Victor Goldberg : Jean Thers. Voici leur texte.

Cher Jean Thers,

Derrière neuf lettres gravées sur une plaque de marbre se cachait une aventure pédagogique insensée. Un défi un peu fou. Celui de deux professeurs ambitieux du Lycée Français de Madrid nous a mené jusqu’à toi.

Nous avons tenté de te redonner vie accompagné d’une apparence, de découvrir ta personnalité. Une identité tout simplement. Suite à des mois de recherches et grâce à toutes les traces que tu as laissées derrière toi, nous y sommes parvenus.

Jean, tu étais le fils d’un boulanger de Madrid, Géraud Thers et de Maria Lorenza Humbrado. Tu es né le jour de Noël en cette fin d’année 1891 à Madrid.Un joli cadeau que tes parents ont fini par faire à la patrie en 1911, lors de ta recrue au bureau de Aurillac.

Le 10 Octobre 1912, tu intègres le 144ème régiment d’infanterie. Malgré ton jeune âge tu as su acquérir un niveau d’instruction de niveau 2. On ne t’a laissé le temps de passer ni ton certificat d’études, ni ton bac. Tu ne savais d’ailleurs même pas compter.

40 lignes dans l’historique de ton régiment te présentent comme un homme dévoué. Jean, nous ne sommes pas ici pour faire un éloge de la guerre que tu as menée. Nous ne sommes pas là non plus pour te présenter le résultat de nos recherches. Tu en sais sans doute plus que nous sur ta propre vie. Mais, nous sommes bien ici pour te remercier d’avoir donné ce que tu avais de plus cher pour la France.

Sons et lumières sur la cathédrale de Reims

Après cette journée bien remplie – Le Fort de Douaumont, l’ossuaire de Douaumont et le mémorial de Verdun-, nous réservons une petite surprise pour les élèves.

Durant l’été, Reims propose le soir un spectacle sons et lumières projeté sur la cathédrale de Reims.

Déjà majestueuse de jour, elle se révèle envoûtante de nuit. Ce lieu, qui a abrité pas moins de 33 sacres, revêt ses plus beaux atours à la tombée du jour.

Les statues hiératiques de la façade s’animent, les arches étincèlent, la façade ondule. L’espace de quelques minutes, ce joyau gothique se pare d’une myriade de couleurs chatoyantes. Pour notre plus grand plaisir.

Le Fort de Douaumont

Nous avons débuté cette journée plutôt ensoleillée par la visite du Fort de Douaumont.

Imaginez un fort, tapi sous 10 mètres de terre, de végétation, de sable et de béton. Imaginez un dédale de galeries froides et humides. Imprenable, me direz-vous. A priori, oui.

Mais, c’est sans compter la violence de la Grande guerre. Imaginez 1 000 obus qui chaque jour venaient s’écraser sur le toit de ce fort. 1 000 détonations terribles, incessantes, à vous rendre sourd, ou fou.

Résultat, l’édifice est ébranlé, malmené, fissuré. Imaginez alors la voûte des casemattes tapissées de stalactiques de calcique qui donnent un air fantasmagorique au lieu.

Ce fort a été tour à tour occupé par Les Français, puis les Allemands avant de revenir aux Français. La guide nous décrit les effroyables conditions de vie de ces soldats cloîtrés dans cet espace confiné, glacial et insalubre.

C’est avec un réel plaisir que nous retrouvons l’air libre, le vent dans les cheveux et les grands espaces. Et voici nos élèves sautant soudain comme des cabris dans les herbes folles sur le toit de ce fort, couvert de trous béants d’obus, masqués par les hautes herbes. Et les voilà qui courent, sautent et glissent presque aériens, sous les rires des camarades. Cascades impressionnantes, mains qui volent, jambes qui s’agitent et roulades surréalistes. Un spectacle unique!

Randonnée dans les tranchées de l’Argonne

Ah! Il nous avait pourtant prévenus M. Estrade. Et dés septembre en plus. Il nous l’avait même répété à plusieurs reprises….

Fous que nous sommes… Nous l’avons suivi, la fleur au fusil.

Et nous voilà partis pour une randonnée de 4 heures dans la forêt de l’Argonne, dans des tranchées partiellement comblées avec le temps, où nos pieds s’enfonçaient dans un lit de feuilles mortes, déjà bien humide.

Ce n’était que le début. La suite s’est avérée plus acrobatique et périlleuse. Des sentiers boueux et détrempés nous attendaient. Et là, ce fut l’hécatombe et la ruine des chaussures et vêtements. Nicolas a failli y laisser une de ses chaussures, littéralement engluée dans cette masse compacte et visqueuse.

Quant à Jana, quelle aventure! Grâce à elle, le dictionnaire se voit enrichi d’un nouveau mot, et pas n’importe lequel : une janade, ou une glissage artistique et élégante. Tellement fière de sa trouvaille, elle nous a gratifiés de quelques chutes hilarantes.

Heureusement, un duo de choc était là pour tous nous sauver d’un terrible enlisement.

Au final, plus de fous rires que de mal. Une équipe de choc et de courageux pour cette randonnée, dans un décor magnifique avec ses dégradés de vert.

Et le pire, c’est qu’ils en redemandent!!

Anecdotes sur le voyage

1 – Baptême de l’air pour Julie : premier vol en avion en ce 10 juin. Un défi relevé avec le sourire.

2 – petite devinette : vous venez d’arriver devant le centre d’hébergement à Paris. Mais, c’est la Pentecôte. Il est fermé jusqu’à 16h… 3 heures d’attente en perspective avec … 34 valises sur les bras. Que faire? C’est simple, un mikado de valises multicolores et un gardien très impressionnant : M. Estrade. Pas question d’aller lui chatouiller les moustaches.

3 – La stratégie estradienne, vous connaissez?

Prenez une troupe de 31 adolescents nonchalants,

Faites les patauger dans la boue,

Le rythme est trop lent?

Qu’à cela ne tienne, M.Estrade brandit une limace vers eux, et les voilà qui volent …

4 – La boucle est bouclée :

Clara López et Carla Rosario ont fait leurs recherches sur Jean Moleres. Le jeudi 13 juin, dans la forêt proche du Fort de Douaumont, nous avons retrouvé sa tombe au pied d’une marmite encore impressionnante, malgré le temps écoulé.

Nécropole de St Thomas en Argonne

Sous un ciel bleu, chargé de lourds nuages qui défilent, nous entrons dans la nécropole. Le gazouillis des oiseaux nous accueillent dans un écrin de verdure. Le silence règne. Un silence feutré et presque apaisant …

Des rangées de tombes hérissent les pelouses. Tant de noms d hommes jeunes, tant de vie fauchées brutalement, et tant de souffrances des proches face au deuil.

Les plus chanceux ont une tombe. Pour d’autres, dont seuls quelques os sont retrouvés, ils finissent dans les ossuaires.

C’est l’occasion pour nous de rendre notre premier hommage. Il s’agit de M. Pierre Barthélemy BAYCE, tombe 61.

C’est Nicolas Isla qui laisse un mot sur le livre d’or de la nécropole, en hommage à son poilu.

À la découverte de la BnF

Nos élèves connaissent déjà le site Gallica de la BnF. Plus d’une fois, ils l’ont consulté pour trouver des articles rendant hommage à nos poilus, tués au front.

L’heure est venue d’arpenter les majestueux couloirs du savoir. Le premier contact est déconcertant : une montagne en béton brut, des formes géométriques quasi staliniennes qui entourent un puits de verdure. Assez froid comme premier accueil.

Cependant, grâce à notre guide nous nous familiarisons avec les secrets de l’un des quatre édifices, Tolbiac.

L’architecte M.Perrault a misé sur un espace totalement ouvert, avec des hauteurs de plafond presque vertigineuses. Les matériaux utilisés comme le treillage métallique aux murs ou au sol atténuent les bruits. Une ambiance feutrée règne.

Les moquettes rouges égaient les longs couloirs et étouffent le bruit des pas. L’heure est à l’étude pour les futurs bacheliers présents, à la lecture et aux recherches.

Nous avons ensuite l’opportunité de découvrir les coulisses de cette bibliothèque. Des rails métalliques acheminent en permanence les livres demandés par les utilisateurs. Un ballet de caisses bleues fascinant.

L’heure est venue de quitter ce monde du savoir. Certains de nos élèves se voyant déjà y revenir dans un futur proche, pour leurs études.

Le jour du départ

Le grand jour est arrivé!

Après 9 mois de travail, il est temps pour nos élèves de 2nde3 de partir à la découverte des principaux lieux de la Grande Guerre.

Rendez-vous est donné au T1. C’est dans la bonne humeur que nous embarquons. Tout se déroule à merveille : l’avion puis le bus et nous voilà à Paris. Une petite pause casse-croûte et en route vers le cimetière du Père Lachaise.

Les élèves découvrent, étonnés, un cimetière aux caveaux surprenants, parfois somptueux, chargés d histoires. Nous déambulons avec plaisir dans les allées et partons à la rencontre de tombes illustres : La Fontaine et Molière, dont les tombes se tiennent côte à côte, ou encore Georges Melies, Apollinaire.

Nous terminons par celle de l’un de nos soldats, Henri Nicot.

À la sortie, nous découvrons le monument aux morts avec 94 415 noms de Parisiens tués au front.

Devant cette interminable liste de noms, l’émotion est palpable. Puis, nos historiens en herbe se mettent en quête de leurs poilus ou ancêtres. C’est ainsi que deux élèves, Lucia Bueno et Alexandre Brague retrouvent notamment un arrière-arrière-grand-père.

Les marraines de guerre

Cette journée au CDI du Collège a été particulièrement intéressant. Mon atelier, qui consistait à exposer les lettres de nos poilus et à en écrire a permis aux gens en même temps d’apprendre et de lire mais aussi d’écrire et se plonger dans le contexte du courrier pendant la guerre. Les visiteurs ont été touchés par la richesse de la langue qu’utilisaient les poilus à l’époque. C’était très touchant puisque toutes les générations ont participé à cet atelier. Certains d’entre eux ont même accepté d’écrire des lettres en se faisant passer pour un ami, un frère, un membre de la famille ou bien encore une marraine de guerre.

Les marraines de guerre étaient des femmes. Elles jouaient un rôle essentiel, elles étaient chargées de remonter le moral des soldats. Certaines espéraient même les retrouver après la guerre. Plus de 50 personnes sont entrées dans cette salle, à côté du patio andalou et ont profité du travail qu’on a accompli pendant ces 2 années de recherches.

J’étais fier, nous étions fiers d’avoir accompli ce devoir de mémoire. Ainsi, 57 soldats ont retrouvé une identité, bien qu’étant sûrement encore dans les tranchées, à lutter contre l’anonymat, l’oubli. Une petite voix me disait qu’ils savaient certainement ce que nous faisions. J’en suis  même persuadé. Ces hommes devaient se dire “Mais non, ce n’est pas là que je suis mort” ou bien encore “Mais comment n’arrivent-t-ils pas à trouver les membres de ma famille?”. Pour eux, cela paraît bien simple, pour nous, c’est comme retrouver une aiguille dans une botte de foin. Mais, la journée s’est bien déroulée. Il faisait beau et les gens étaient heureux et émus en même temps.

Aloïs Mottard 2.3

LA JOURNÉE DU 11 MAI

la journée du 11 mai était très surprenante. La question était de savoir, si nous aurions beaucoup de visiteurs.

J’étais assise à la réception avec quelques compagnons quand on s’est rendu compte que peu à peu beaucoup de gens arrivaient. On étaient fiers de nous-mêmes quand on a vu des enfants découvrant les activités créées pour les divertir, les adultes réfléchir sur les vies de nos soldats et tous les invités commenter notre travail. Au cours de la journée, sous le merveilleux soleil, j’ai pu observer les gens et voir leur plaisir grandir au fur et à mesure qu’ils découvraient l’exposition.

J’ai rencontré de nombreux parents. Certains étaient éblouis par notre travail, d’autres éprouvaient de la peine face à l’atroce vie de nos soldats, tandis que d’autres se contentaient de rester silencieux. Difficile de vraiment savoir ce qu’ils pensaient. Mais, une chose est sûre. Chaque fois, qu’ils allaient maintenant passer sous le préau du lycée français de Madrid, ils se rappelleront de ce grand jour où on a redonné, avec fierté, une identité à nos soldats de la plaque.